Une contribution de l’agence réputation squad sur le thème des bonnes pratiques en droit de l’Internet pour protéger son e-réputation

Orange annonçait il y a quelques jours, avoir vendu 280 000 Iphones au cours de l’année 2011 et selon une étude de Google, la France compte¬rait environ 14 millions d’utilisateurs de Smartphones. Signe révélateur de la virtualisation de la vie sociale des individus, l’accroissement de l’usage des smartphones montre à quel point l’homme moderne vit en mode « connecté ».

Même les politiques sont aujourd’hui friands de réseaux sociaux et s’en servent quotidiennement comme arme de communication, au point de déraper parfois et d’oublier qu’un simple message diffusé sur un réseau comme Twitter est public, et peut faire l’effet d’une bombe.

« Un simple message diffusé sur un réseau comme Twitter peut faire l’effet d’une bombe »

Il est en effet si facile de diffuser une opinion via Twitter ou son blog personnel, qu’on aurait parfois tendance à omettre que cette vie numérique peut avoir des répercussions bien réelles et notamment juridiques, in real life, comme aiment à le dire certains férus de micro-blogging.

Face à l’omniprésence d’Internet dans le quotidien des individus et des entreprises, il semblait important de rappeler quels sont les risques juridiques liés à son usage afin de prendre les bonnes résolutions pour protéger son ereputation en 2012.

Le droit de l’Internet au service de l’e-réputation

Schéma de réputation-squad représentant le droit à la e-réputation

Qu’un individu soit diffamé sur un blog ou qu’une entreprise soit victime de cybersquatting de sa marque, le droit permet en général de sanctionner efficacement ce type de pratiques. Trois domaines permettent notamment de protéger l’identité numérique des personnes physiques et morales : le droit de la communication, le droit de la propriété intellectuelle, le droit des données personnelles.

La diffamation et l’injure constituent ainsi des infractions sanctionnées pénalement et civilement en droit français et permettent de faire supprimer un message diffamatoire et de faire condamner son auteur.

Dans la même veine, la loi « informa¬tique et libertés » protège les individus de l’utilisation abusive de leurs données, ayant notamment pour conséquence de ternir leur e-réputation. Noms et emails de dirigeants se retrouvant dans des listings de pseudo pétitions en ligne ou publication d’informations privées confidentielles pourront ainsi être supprimés, au besoin en prenant conseil auprès de la CNIL.

Mais en cas d’attaque contre une entreprise, les mécanismes de protection propres à la propriété intellectuelle seront particulièrement conseillés pour faire cesser un trouble à l’e-réputation. Le droit des marques et le droit d’auteur constituent souvent des leviers efficaces, notamment auprès des hébergeurs, pour faire fermer une page Facebook se faisant passer pour un compte officiel de la marque ou récupérer un nom de domaine. La propriété intellectuelle revêt enfin un intérêt particulier en raison de régimes de protection assez similaires au niveau international. Les Etats-Unis comme l’Europe ont en effet adopté des textes de lois présentant un niveau de protection similaire concernant la protection des droits de propriété intellectuelle sur Internet.

Les bons comportements juridiques pour une e-réputation positive

Plutôt que de chercher comment soi¬gner une e-réputation ternie par la présence d’informations négatives sur la toile, la meilleure solution réside dans la prévention des risques.

Modérer ses propos ou le piège de l’instantanéité des réseaux sociaux

Conversation twitter - réputation squad

Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que toute publication d’une information (texte, photo, vidéo) engage la responsabilité de son auteur. Si la diffusion d’un message sur Twitter peut paraître anodine, il y a bien un risque juridique à relayer une information diffamatoire. Mieux vaut donc éviter de régler un conflit avec un concurrent ou un détracteur par des échanges virulents et non réfléchis  sur la toile. Entre une joute verbale et un message diffamatoire, il n’y a souvent qu’un pas à franchir. S’il s’agit en plus d’un concurrent, le dénigrement commercial peut être lourdement sanctionné par les tribunaux par l’attribution de dommages-intérêts conséquents. D’une manière générale, mieux vaut régler un problème en « off » plutôt que le faire sur la toile et de risquer de créer une polémique.

La sécurité de l’information : enjeu d’e-réputation corporate pour 2012

Comme l’a montré l’affaire sur le piratage de données personnelles détenues par Sony ou la diffusion d’un fichier contenant des informations privées sur les membres de l’UMP, la sécurité informatique est devenue un enjeu juridique pour les entreprises et administrations. Aux termes de la loi informatique et libertés, une entreprise est tenue de veiller à la sécurité des données personnelles qu’elle possède et de notifier à la CNIL, les pertes et vols de données qu’elle subirait. L’image d’une entreprise et son e-réputation dépendront de plus en plus de la qualité de ses collaborateurs en droit des nouvelles technologies et en sécurité informatique. Négliger la mise en conformité des entreprises avec le droit des données personnelles, les expose à des sanctions juridiques et des préjudices d’image importants.

Ces quelques exemples sont révélateurs de l’apparition de risques juridiques nouveaux liés à l’accroissement de l’utilisation du web dans la vie des affaires, qui prendront inévitablement encore plus d’importance dans les années à venir. Les risques juridiques liées à Internet et au numérique en général doivent ainsi être appréhendées dès à présent par les entreprises afin de mettre en place des best-practices.

Souvent perçue du point de vue des entreprises, l’e-réputation est aussi importante du côté des candidats en recherche d’emploi. Le nombre de recruteurs regardant le profil des candidats sur Internet augmente. En effet, sur la toile, il faut tisser la sienne ; tel une araignée, patiente et minutieuse. Bâtir son identité numérique, cela prend du temps ! Contrairement à ce qu’on croit, il ne suffit pas d’un clic pour qu’on vous embauche.

Passer de l’e-réputation positive à négative
Etre visible sur le web, c’est bien, mais existe-il une bonne visibilité ? Etre trop visible serait-il au contraire un poids, lourd à porter par la suite ?

Ce qui rebute dès le départ l’employeur : voir trop de vie privée, des photos de soirées qui finissent mal, le candidat en mauvaise posture… mais on oublie souvent que ne pas être visible, c’est aussi un défaut. Cela signifie qu’on n’est pas actif dans le monde actuel, que l’on ne se tient pas au courant des tendances, des actualités. C’est le début de l’e-réputation négative. Tout le monde a intégré qu’Internet est maintenant devenu un média important, qui envahit nos vies, autant privées que professionnelles : il est temps d’agir en conséquence.

Une e-réputation positive se traduit par des productions écrites, culturelles, audiovisuelles, etc. Intéressantes et pertinentes, ces productions doivent traduire la personnalité et l’ambition du candidat. Blogs, forums, réseaux, tous les moyens sont bons pour s’assurer une bonne e-réputation. Lors d’un entretien d’embauche, on donne le meilleur de soi-même. Sur Internet, l’entretien dure… tout le temps. Vu que votre employeur peut regarder la vie du candidat 24h/24h. Ce que le CV cache, Google le révèle.

Mais l’e-réputation positive peut retomber comme un soufflé à cause d’une mauvaise information, d’une photo compromettante ou d’un fait qui ressurgit. Internet est la nouvelle Agora, cette place dans l’antiquité grecque où se défaisait une grande notoriété en quelques minutes. Google met en évidence, dans les premières pages les réseaux sociaux. Fréquemment mis à jour, possédant beaucoup de mots-clés avec le nom du candidat,  les profils Facebook et Viadeo sont les mieux référencés, à moins que le candidat ne possède un bon site internet, bien mis en valeur.

Big Employeur
Si vous pensez que les entreprises ne regardent que les expériences professionnelles… détrompez-vous ! Elles observent également (et surtout) ce qu’il y a autour : vie familiale, culturelle, amicale, associative… et même sentimentale ! Inévitablement, ce sont des traces que tout le monde laisse derrière soi en traînant sur le web. Les patrons ne sont pas des stalkers, attention… Du verbe anglais « stalker », qui veut dire harceler,  faire du stalking, c’est harceler la personne et suivre ses moindres faits et gestes sur Internet.

Un recruteur googlise le nom d’un candidat potentiel et ne trouve rien. Aucune présence sur Internet devient alors étrange. Le monde à l’envers ? Non, juste un autre critère implicite d’embauche. Mieux vaut ne pas être trop présent, mais juste assez pour que l’employeur voit que vous êtes actif et à l’affût de ce qui se fait sur le web. Ils recherchent avant tout la cohérence, une touche d’originalité, et, un comble, de l’authenticité. Le recruteur pensera beaucoup d’un simple manque de visibilité sur internet : des choses à cacher ? Technophobe ? Refus de se « mouiller » ?

Certains employeurs regardent les mauvais côtés, et cherchent sur les réseaux sociaux les traces de beuverie, de fête qui tourne mal, de photos de soirées, etc. Un candidat qui a des photos où on le voit boire, faire des choses ridicules ou dégoûtantes aura moins de chance d’être pris… à moins d’être dans une entreprise très détendue ! Même une opinion politique ou religieuse pourra influer sur l’employeur. Il reste un être humain, influençable d’une certaine façon. Le recruteur cherche, sans vraiment le savoir, les 7 péchés capitaux du candidat !

Un candidat ne doit pas laisser de commentaires ou d’images qui seraient néfastes à sa vie professionnelle. Comment effacer ses mauvaises traces sur le web ? Déjà, demander de supprimer, si c’est un commentaire sur un forum, par exemple. Ensuite, essayer de noyer le poisson dans la masse imposante du web : en 3ème page de Google, l’info se perd… Si le sujet est plus grave, le candidat possède alors des solutions judiciaires.

Si vous ne croyez pas vraiment que l’e-réputation soit importante pour votre travail actuel ou à venir : prenons le cas de Kévin Colvin. Pour aller à une fête d’Halloween, il a menti à son patron afin de prendre un jour de congé, pour « problèmes familiaux ». Une photo de lui déguisé sur Facebook aura eu raison de sa réputation professionnelle… quelques jours plus tard, il est licencié. Victime sociale ? Abus de pouvoir ? On aura beau jaser, le résultat est là : un licenciement. Son patron ayant vu la photo, car il était ami avec des collègues, et la crédibilité en prend un coup. Le candidat doit penser avant tout à la façon dont les autres le voient. Un peu comme dans la vraie vie, en fait…

Les méthodes de l’e-réputation pour un candidat en recherche d’emploi
Réaliser un site CV, débattre sur les (bons) forums, s’inscrire sur les réseaux sociaux… Certaines démarches sont indispensables : Facebook,  Viadeo, Twitter sont autant d’outils pour aider le candidat dans la construction de se e-réputation. Contribuer, mettre son grain de sel, se démarquer : les verbes du futur employé. Le candidat n’est pas un internaute comme les autres, c’est ce que doit penser le recruteur. Ce qu’on appelle le « personal branding » : sur Internet, tout le monde est une marque en puissance. Comme un vrai publicitaire, le candidat devra se vendre.

Quel est mon identité professionnelle, comment la transcrire au mieux sur Internet ? Ce sont ces questions que le candidat en recherche d’emploi devra se poser. Identifier son parcours, ses compétences, ses valeurs, ses motivations futures. Avoir des projets est toujours bénéfique et donne l’impression à l’employeur d’être face à une personne active.

Hélas, une e-réputation ne se fait pas en un jour. Il faut du temps, des contacts, des profils et beaucoup de référencement pour être visible sur le web. On pourrait comparer l’e-réputation à une cagnotte, qu’on remplirait chaque jour. Et pour être riche, il faut du temps !

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