2016-2017 : comment le musée français entretient son e-réputation

musée de France e-réputation

Le musée français doit pérenniser son image et sa notoriété sur la scène internationale. Les enjeux de son  e-réputation dépendent de l’environnement numérique ; elle astreint le domaine muséal à se démarquer et à valoriser son identité visuelle dans cet environnement centré sur la “marque” et sur les nouvelles technologies.

Enjeux de l’économie numérique pour les musées

Concernés par la notion d’économie numérique, les musées doivent entretenir leur image  et leur notoriété au même titre qu’une personne physique ou morale. L’économie numérique construit et déconstruit  la réputation web des musées.  L’exemple des musées des Abattoirs, du Muséum et du musée Saint-Raymond, groupés à Toulouse[1], font le « buzz» sur les réseaux sociaux : ils ont de nombreux « followers ».

L’e-réputation devient un vecteur d’estime et de renommée pour une entreprise, une marque ou une institution publique. Néanmoins, l’e-réputation peut constituer une source néfaste : une rumeur négative est aujourd’hui diffusée sur la planète entière via les blogs, les flux RSS, les réseaux sociaux et Twitter. En  exemple, le “bad buzz” au Musée d’Orsay qui a provoqué une réaction en chaîne sur les réseaux sociaux à la suite de la visite d’une classe considérée comme ZEP. Le Musée d’Orsay a établi un communiqué de presse à la suite du  bad buzz.[2]

L’identité visuelle de chaque musée doit être remarquable. Elle doit s’adapter rapidement aux exigences du moment en matière de design et de graphisme. En 2005, Philippe Apeloig créé un logo pour signifier l’appellation “musée de France”.

[3]

Dans un rapport en 2006 sur ‘l’économie de l’immatériel’, les différents acteurs de l’économie sont invités à développer la “marque France” sur la scène international. Les musées participent à cet effort. Pour autant,  peut-on parler de “Marque muséale” ?

La notion de « marque muséale » fait l’objet de réflexions depuis plusieurs années déjà, de la part des musées eux-mêmes, des milieux universitaires et des pouvoirs publics.

Les musées fonctionnent comme des entreprises culturelles : ils ont un chiffre d’affaire à réaliser en nombre d’entrées[5]. Ils combinent les stratégies de communication via les outils numériques et mobiles[4] puis investissent dans les innovations technologiques.

Stratégies mises en place

Au niveau national

Depuis peu, des colloques sont mis en place comme la première journée d’étude du 11 octobre 2016[5] où la question du numérique et des Innovations au sein des Musées des Beaux-Arts en France était soulevée. La ministre de la Culture et de la Communication, Madame Azoulay a lancé un questionnaire public en ligne sur le Musée du XXIe  siècle et ce que le public aimerait y trouver.

Museomix, fondé en France en 2011, est “un laboratoire d’idées visant à inventer et à explorer des pistes qui intègrent des dispositifs numériques”.  130 collaborateurs “museomix” se sont retrouvé les 11, 12 ,13 novembre 2016 pour réinventer le musée de demain. Le but est de mettre le visiteur au centre de son  parcours et de lui permettre d’être un acteur de la vie historique. De cette manière, le visiteur peut se “promener” dans un tableau grâce à des effets numériques et l’intervention des innovations technologiques.

Au niveau local

La communication numérique par le biais des réseaux sociaux fait partie des stratégies de la diffusion de l’information. Celle-ci est instantanée. Par des post réguliers sur Facebook, Instagram, Twitter, cette stratégie fidélise l’internaute. En outre, ces réseaux sont des outils d’expertise en interne.

Des travaux collaboratifs avec les universités permettent de réduire la distance de langage entre les générations. L’intérêt de ces travaux collaboratifs a pour mission d’attirer un public jeune au  musée  et de connaître les langages, les messages, les critères qui  retiennent leur attention.

Dans certains musées, l’intégration d’audio-guides, du wifi  et des applications à télécharger sur mobiles permettent améliorer l’accès à la visite individuelle.

Des outils de veille comme “scoop-it” permettent une veille de l’information par mot-clé et par le biais de Twitter.

En définitive, nous pouvons constater que les stratégies de communication mises en place par les musées et par le ministère de la culture et de la communication ont pour enjeux le maintien de l’image de marque des musées français, plus précisément de l’e-réputation,  sur la scène nationale et internationale. Les objectifs s’apparentent à ceux d’une entreprise culturelle : faire un grand nombre d’entrées.

Sandrine Cantegrel

 

 

[1] Source : les clics des musées toulousains

[2] Source : Journal Le Point – Société

[3] Source : Logo déposé par Philippe Apeloig-Site de la DRAC Champagne-Ardenne.

[4] Source : Les Echos-Etudes du 11.10.2016

[5] Source: Innovations culturelles

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