Comment la e-réputation forme la personnalité

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Myspace, Facebook, Twitter, Linkedin… Autant de réseaux sociaux qui permettent de rester connecté avec ses « amis », de partager de l’information, mais aussi l’occasion de se mettre en scène et se créer une réputation virtuelle ou « e-réputation ». Un élément désormais indissociable de la construction de la personnalité chez un adolescent.

700 millions : c’est le nombre de comptes Facebook actifs dans le monde, chiffre rendu public par SocialBakers en juin 2011. Un chiffre qui montre l’importance des réseaux sociaux, dans cette ère du tout-numérique où chacun est libre de mettre en scène comme il l’entend sa propre image sur le web.
La nouvelle génération digitale (les jeunes nés après 1980) est toute entière soumise à ce phénomène, et l’on constate que la e-réputation joue un rôle important dans la formation de la personnalité, à l’âge charnière de l’adolescence. Cette nouvelle génération aime séduire et rêve de devenir célèbre : on peut le voir grâce aux phénomènes de  la télé-réalité, qui propulse en peu de temps une personne anonyme au statut de star.

Narcissisme et reconnaissance

On accumule désormais sur la toile un grand nombre d’informations, de photographies et autres vidéos de soi. Cette mise en scène de soi répond aux deux phases essentielles de la construction de la personnalité décrites par les psychologues : le narcissisme et la reconnaissance de soi. L’individu se constitue alors au travers de l’image de lui-même, reflétée par son amour propre.
Prenons l’exemple de l’adolescent. Il bâtit sa propre image, ses croyances et les représentations de soi, pour mieux appréhender ses actions et ses relations sociales. Mais il doit apprendre à se connaître avant de se reconnaître. La connaissance de lui-même se fait, en l’occurrence, par le biais de ses relations aux autres, et des réactions des personnes qui l’entourent. Ce besoin de se présenter, de se montrer, et de faire part de sa vie au monde entier, exprime ce besoin de reconnaissance. Expression d’une pression sociale et commerciale, d’un jeu pour d’autres, d’un passage obligé vers l’âge adulte… Il n’en reste pas moins que la publicité contribue fortement à façonner des stéréotypes.

Des traces pas si innocentes

Il n’est cependant pas anodin de laisser les adolescents se mettre en scène sans leur faire prendre conscience des conséquences et des dangers de l’e-reputation. Les traces de soi sur le web sont à ce jour un enjeu de société bien réel. Béatrice Galinon-Mélénec, dans son ouvrage « L’homme trace », définit parfaitement la réalité et les risques liés aux traces laissées sur le web. « Cet homme du XXIe siècle laissant partout les traces de son passage et de ses activités susceptibles d’être traquées par les marchands, observé au plus intime par des voyeurs de toute nature, sanctionné pour tout écart au regard de la norme… autant de risques soulevant des inquiétudes légitimes au regard du respect de l’intimité, du respect des libertés individuelles et éthiques. » Cette notion de trace, soulève ainsi de nouvelles problématiques quant aux sources de profit pour la sphère marchande, mais aussi quant aux conséquences professionnelles, de données mal gérées ou échappées.

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