A qui appartiennent vos données personnelles collectées sur le Web ?

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Depuis les années 90 et l’apparition d’Internet dans vos foyers, les progrès en matière de technologie de l’information et de la communication n’ont de cesse de s’accélérer. Il en va de pair pour la collecte de vos données personnelles.

Rassurez-vous, cette pratique autorisée est heureusement encadrée par le droit. Mais restez vigilants ! Les changements constants dans le domaine du digital peuvent parfois vous laisser à la traine (et le droit aussi)…

 

Citoyens français et européens, vos données personnelles vous appartiennent !

Bonne nouvelle ! Le cadre juridique français et européen est constitué d’un solide tissu de lois, directives et règlements qui vous protègent.

La France a commencé à légiférer dès 1978 avec la loi du 6 janvier relative à l’informatique et aux libertés.  La directive européenne du 24 octobre 1995, transposée neuf ans plus tard en France (6 août 2004), est venue uniformiser l’ensemble des pays de l’Union.

Plus récemment, le règlement européen du 14 avril 2016 est venu consacrer le droit à l’oubli. Il vous permet d’exiger la suppression de certaines de vos données. Sur simple demande, les organismes concernés (moteur de recherche, réseaux sociaux…) se voient contraints de procéder à l’effacement de vos contenus. A moins qu’ils ne puissent prouver l’intérêt de les maintenir en ligne…

Dans les faits, il reste difficile de faire respecter ce droit. Les géants du Web (Google, Amazon, Facebook, Apple…) ne dépendent pas forcément du cadre juridique français et européen. Le web est instantané et les conséquences se propagent à une vitesse vertigineuse. Même le retrait d’anciens contenus ne pourra pas réparer les éventuels préjudices subis…

Web 2.0 : avez-vous conscience des informations que vous laissez ?

Hormis ce cadre juridique et son application délicate, il est aussi périlleux de mesurer l’ampleur de la collecte.

Données visibles & e-réputation

Vous pensez naturellement laisser les données qui constituent votre identité : nom, prénom, date de naissance. Il s’agit de vos données sociales renseignées lors de la création d’espaces adhérents ou du remplissage de formulaires de contact…

Et puis, vous pensez aux traces numériques visibles laissées volontairement sur la toile : vos publications Facebook et Twitter, vos photos Instagram et vidéos YouTube ou encore vos avis TripAdvisor… Dans ce Web 2.0, celui des réseaux sociaux, vous pensez alors garder le contrôle sur votre e-réputation, sur ce que l’on connait de vous. Vous avez en partie raison car la législation française et européenne devrait vous le garantir…

Données invisibles : ce qu’on ne vous dit pas…

Mais votre identité numérique est « protéiforme »1. Elle est constituée de traces volontaires et involontaires. Ces dernières sont souvent invisibles pour l’internaute. C’est là qu’a lieu une collecte plus pernicieuse et moins connue du grand public.

Grâce aux cookies (petits fichiers invisibles qui s’installent sur votre ordinateur lorsque vous surfez sur la toile) et à vos interactions et préférences sur les réseaux sociaux, les entreprises collectent beaucoup d’autres données.

Sans que vous ne vous en aperceviez, elles récoltent des informations biométriques (empreintes digitales, forme du visage…) et comportementales (vos relations, vos habitudes d’achat, votre alimentation grâce à la liste de vos courses, la pratique d’un sport grâce aux applications dédiées…).

Vous souhaitez bloquer ce système ? C’est possible via les préférences de votre navigateur. Mais souvent, vous ne pourrez plus accéder au site… La législation est légère sur ce point. Elle n’impose qu’un simple message d’avertissement. Le choix est donc mince et cette collecte quasi inévitable…

Désinformation et inquiétudes quant au Web 3.0

Et la désinformation du grand public sur cette collecte massive est inquiétante. D’autant que le Web 3.0, le web prédictif, arrive !

Vos informations ont été récoltées et stockées dans d’immenses bases de données. Dans la version 3.0, elles sont maintenant croisées, agrégées et traitées « de façon à y faire émerger des corrélations et des profils »2. Cela permet d’ajuster l’ergonomie des sites, d’anticiper vos besoins et de vous proposer des produits toujours plus adaptés en personnalisant la publicité.

Le Web 3.0, c’est aussi la multiplication des objets connectés qui vous soutirent toujours plus de données (géolocalisation, rythme cardiaque avec votre montre…). Toujours de manière insidieuse, vous donnez de précieuses informations qui sont monétisables. La fracture informationnelle entre les professionnels du web et les internautes est ici. Vous devez prendre conscience que si les services sont gratuits, « le produit, c’est vous ! »

Alors soyons lucides… Il y a fort à parier que nous ne sortirons pas de la logique marchande qui règne actuellement. L’utilisation de nos données personnelles n’aboutira pas simplement à des interfaces plus adaptées à notre profil. L’idée du Web 3.0 servant notre seul intérêt n’est qu’une utopie !

Un conseil : ne restez pas dans le noir, ouvrez donc l’œil et informez-vous !

Cécilia Cléostrate

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