Big Data et environnement, un enjeu loin d’être virtuel

Les données personnelles récoltées et leur traitement représentent un impact climatique majeur dans notre société

Des milliards de kilowatts sont nécessaires aujourd’hui pour sauvegarder nos tweets, nos mails, nos recherches, nos clouds, nos SMS et les informations issues des appareils connectés. Les données des entreprises et des institutions publiques sont elles aussi concernées. Les informations stockées se multiplient à un rythme effréné et leur sauvegarde se doit de le suivre, d’autant plus que des données sont conservées ad vitam aeternam. Selon Greenpeace, la consommation d’énergie que cela nécessite représente aujourd’hui 2 % de l’énergie mondiale.

Data Centers et énergie

Les informations numériques sont stockées dans des Data Centers, immenses hangars à serveurs. Le fonctionnement des machines consomment d’autant plus d’énergie que leur fonctionnement est continu. Les températures engendrées par leur activité sont élevées et afin de garantir un bon fonctionnement, il est nécessaire de garder une température constante de 25°C. Des systèmes de refroidissement eux aussi gourmands en énergie sont donc indispensables. En  2008 : 56 milliards de kilowatts étaient nécessaires à leur fonctionnement. Ce chiffre devrait atteindre 104 milliards en 2020 [1], soit presque le double.

Les initiatives d’économie d’énergie en cours

L’enjeu environnemental est évidemment important mais l’aspect économique qui en découle est lui aussi majeur. C’est plutôt pour cette deuxième raison que les grandes entreprises, telles que Apple, Facebook, Google entre autres, ont opté pour des solutions écologiques. Mais des chercheurs ainsi que des instances politiques se posent également la question. A présent, plusieurs directions sont envisagées pour faire face à ce problème. On peut citer les trois plus répandues :

  • L’infrastructure
  • Utilisation de moyens physiques afin de réduire la consommation d’énergie due au stockage de données. Par exemple, Facebook a installé son Data Center près du cercle polaire afin de profiter du refroidissement naturel.
  • Le recyclage
  • Réutilisation de l’énergie thermique produite par le fonctionnement des serveurs comme celui de la start-up iséroise Stimergy qui compte chauffer, à l’automne prochain, la piscine du 13è arrondissement à Paris. Ou encore la société Jerlaure qui chauffe déjà les locaux de l’université de Bourgogne (28 000 étudiants).
  • La production de données
  • Des initiatives visant les développeurs et autres acteurs du web à tenir compte du prix environnemental des données afin de travailler sur des supports « verts ». Analyser et évaluer la pertinence de la création de données afin de réduire le gaspillage.

­Quelles solutions durables ?

Avant d’arriver au scénario provocateur et très pessimiste de la société Cisco [2], dans lequel est envisagé d’appliquer le principe d’utilisation alternée comme pour les voitures, il reste encore quelques pistes à explorer. Au delà de la question de l’infrastructure, de la sauvegarde et de la production de données à grande échelle, il y a la sensibilisation des usagers du web au prix énergétique de leurs actions. Pourquoi pas se désabonner d’une newsletter au lieu de la faire disparaître dans les spams, ou alors rationaliser l’utilisation des clouds et des sauvegardes en ligne…

Mais ce qui est urgent, c’est la nécessité de repenser la société du Big Data en ajoutant aux questionnements éthiques, de droit et sociétales, les questions environnementales. Devons-nous garder la totalité de nos données ? Est-il indispensable d’y avoir accès 24h/24 ? Est-il possible de faire le tri ? Autant de questions cruciales qui renforcent le besoin de repenser le numérique.

Alejandra Fayad

[1] Source : Journal Le Monde ­– Planète

[2] Source : CNRS – Le journal

Ressources : Wikipedia

Ressources : Rapport : votre cloud est-il net ? –  Greenpeace

Ressources vidéo : Arte – Big Data

Ressources audio : France Culture – Data-centers

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