Christophe Alcantara se penche déjà sur l'organisation du prochain Colloque sur l'e-réputation prévue en 2015

Christophe Alcantara, enseignant-chercheur au sein du laboratoire IDETCOM à l’UT1 et organisateur du Colloque international sur l’e-réputation et les traces numériques qui a eu lieu du 21 au 22 mars 2013 à Toulouse, fait le bilan de cette première édition et nous donne dores et déjà rendez-vous au printemps 2015.

Quel bilan tirez-vous du premier Colloque international sur l’e-réputation ?
Un bilan très positif : l’événement a été un véritable succès. Sur un plan quantitatif, tout d’abord : 45 communications sur deux jours, 250 personnes inscrites, de nombreux partenaires privés et institutionnels, une couverture médiatique à la hauteur et un écho significatif sur le web. Mais ce colloque a surtout été un succès qualitatif, car nous avons réussi à interroger le phénomène de l’e-réputation scientifiquement et de façon transdisciplinaire, ce qui n’était pas évident !

Beaucoup de personnes souhaitent se procurer les actes du colloque, vont-ils être édités ?
Ce colloque va donner lieu à deux publications. Dans un premier temps, certaines communications seront regroupées dans les actes du colloque et accessibles en ligne (www.-e-reputation-lecolloque.org) dès la fin du mois de juin 2013. Par ailleurs, un ouvrage collectif plus complet,  édité par les éditions Lextenso, sera publié en septembre 2013. Nous souhaitons valoriser la démarche scientifique et partager avec le plus grand nombre la qualité des travaux qui ont été menés durant ces deux jours.

Y aura-t-il une autre édition du Colloque international sur la e-réputation ?
Je pense que l’interrogation scientifique qui est la nôtre doit se poursuivre. C’est pourquoi je vous donne rendez-vous dès à présent pour la deuxième édition du Colloque international sur l’e-réputation et les traces numériques, qui se tiendra à Toulouse au printemps 2015.  L’e-réputation est un phénomène émergent et complexe : lors de ce premier colloque, nous n’en avons pas fait le tour. Et ce pour deux raisons. D’abord parce que les modes d’appropriation des réseaux sociaux se jouent actuellement, et ensuite parce que le cadre juridique est amené à bouger : un nouveau cadre législatif européen va  être mis en place fin 2013 à ce sujet. Ce règlement européen à venir, il va falloir se l’ approprier, et voir dans quelle mesure il protègera – ou pas – les données personnelles, les traces numériques, en un mot cette identité numérique en cours de construction qui nous concerne tous. Lors de cette deuxième édition, nous associerons à nouveau des professionnels et des scientifiques, afin de nourrir un débat toujours plus riche, de poursuivre cette collaboration, et de multiplier les rencontres.

Propos recueillis par Julie Vivier (@lewebdejulie)

Le colloque international e-réputation et traces numériques 2015
> Un appel à communication sera publié début 2014.
> Toutes les infos sur www.e-reputation-lecolloque.org
> ou par Twitter via @influenceursweb et #erep2015

Des nouvelles d'Instagram

Actualité Commentaires fermés
mar 252013

En décembre dernier, après avoir annoncé le changement de ses conditions d’utilisations, Instagram s’est retrouvé au cœur d’une véritable polémique. Que c’est-il réellement passé ? Quelques mois après, où en est le réseau social de partage de photos ?


Le 20 décembre 2012, le cabinet d’avocats californiens Finkelstein and Krinsk lance un recours collectif devant une cour de San Francisco pour demander à la justice d’interdire à Instagram de changer ses règles d’utilisation. En cause, la possibilité de vendre, à partir du 16 janvier 2013, les photos de ses utilisateurs sans compensation. Devant la levée de boucliers, Instagram fait marche arrière le jour même.

Très rapidement, Kevin Systrom, le fondateur d’Instagram, publie un message sur son blog intitulé « Thank you, we are listening». Dans ce message, il met en avant le fait que les termes de la publication des nouvelles conditions d’utilisation ont été mal employés. Il s’excuse alors pour la confusion et affirme que Instagram n’avait aucune intention de vendre les photos des utilisateurs ni de permettre leurs utilisations à des fins publicitaires.

La place des médias.

A la suite de ces nouvelles, la presse mondiale s’est emparée de l’affaire. Entre vérités, plaintes, spéculations, et polémiques, on a pu lire partout que ce réseau social de photo vivait un véritable déclin.

Voici quelques exemples :

  • Le New York post affirmait, le 27 décembre 2012, que l’application aurait perdu près d’un quart de ses utilisateurs.

  • Le site 01.net publiait le 15 janvier 2013 : « Le nombre d’utilisateurs quotidiens est passé, selon App Stats, de 16,3 millions le 17 décembre à 7,4 millions le 14 janvier. »

Instagram se porte bien, merci.

Après ce revirement de situation, Instagram dément alors tous les chiffres publiés dans les médias. Le réseau social de photo dévoile en ce premier trimestre 2013 quelques chiffres revendiquant 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels, ce qui représenterait une hausse de 10% depuis le mois de décembre. De plus, chaque jour, pas moins de 40 millions de photos sont publiées, générant ainsi 8500 « like » et 1000 commentaires à la seconde.

Stéfanie Ribeiro

Les avis d’internautes sur les services ou les produits ont pris une importance capitale dans la réussite de nombreux sites internet. Mais il est aujourd’hui admis que nombre de ces commentaires sont faussés, créés de toute pièces pour augmenter la visibilité de la marque. Une norme AFNOR (Association Française de Normalisation) est à l’étude pour établir de nouveaux critères de fiabilité, elle devrait être publiée en avril 2013.

Selon une étude Reevoo – GMI Research parue en mai 2012, 89 % des Français consultent les avis sur internet avant d’effectuer leur achat. On comprend donc l’importance qu’accordent les sites de services ou les sites e-commerce aux retours d’internautes sur leurs produits, leur qualité de service ou leur efficacité. Ces avis peuvent être si capitaux que selon plusieurs enquêtes, une partie d’entre eux se révèlent être faux, générés par des agences d’e-réputation ou des agences de presse, voire par les prestataires eux-mêmes (hôtels, restaurants…) afin d’accroître la force de vente d’un site.

Impossible de cerner avec précision ces fraudes, car la limite entre un vrai et un faux avis reste très floue. Cependant, les sites « ténors » désavouent officiellement ces pratiques et ont mis en place des conditions de publication sensées limiter les chances de trouver de faux avis. Par exemple, le site La Fourchette annonce une « fiabilité garantie » où seuls les clients étant vraiment allés au restaurant peuvent laisser leur avis.

Garantie du site La Fourchette
Garantie du site www.lafourchette.com

Une norme AFNOR pour garantir la confiance

Dans un entretien accordé à Influenceurs Du Web, Olivier Gibert, responsable des relations presse à l’AFNOR, explique qu’un projet de norme « a été initié en 2011, suite à la sollicitation de la société Test and Trust, comparateur de satisfaction et de commentaires. Cette entreprise a financé une étude de faisabilité menée par l’AFNOR, dont la conclusion a été qu’il n’existait pas de norme proposant des règles du jeu partagées en la matière en France, au niveau européen ou international. Le comité consommateur de l’AFNOR a également validé cette demande de réaliser une norme d’application volontaire. »

Dans la pratique, une cinquantaine d’organisations du web (CNIL, Cityvox, Expédia, Groupe La Poste, Voyages SNCF, associations de consommateurs…) se sont regroupées et ont travaillé sur le projet de norme durant un an. Une enquête publique en ligne a été ouverte aux consommateurs jusqu’au 15 février 2013, et Olivier Gibert nous précise que «  tous les commentaires émis seront étudiés par la commission de normalisation ».

Comment reconnaîtra-t-on un site certifié ?

Dans un premier temps, la norme AFNOR « proposera un faisceau de solutions précises afin de fiabiliser les méthodes de collecte et d’affichage des avis de consommateurs en ligne. Chaque site gestionnaire d’avis pourra se procurer cette norme sur le site AFNOR et mettre en place le dispositif de gestion d’avis qu’elle propose. Si le site le souhaite, il pourra auto-déclarer respecter la norme AFNOR et donc engager sa responsabilité. »

Pour aller encore plus loin, les organisations responsables de la norme désirent par la suite pouvoir obtenir une certification délivrée par un organisme tiers pour éviter l’auto-déclaration et donner plus de crédibilité à la norme. « Dès l’automne 2013 (…) un organisme de contrôle vérifiera, dans des conditions encore à définir, le respect des critères de la norme. Un logo pourra alors être apposé sur le site, offrant à l’internaute un signe distinctif lui indiquant que le site respecte les critères de certification sur la base de la norme AFNOR. »

Un logo qui sera donc signe de fiabilité et de respect d’une procédure de mise en ligne des avis d’internautes. Avec une croissance de 19 % pour le marché en ligne et plus de 117 000 sites marchands actifs en 2012, voilà de quoi consolider l’économie du web.

David Anquetin

Dans le cadre de la toute récente mise en ligne, le 6 février 2013, du site e-reputation.paris.fr, Aurélien Deffay, Directeur des projets digitaux à la Direction de la Communication de la Mairie de Paris, qui a mis en place et organisé ce projet, a accepté de répondre aux questions de Influenceurs du web.

Dans quel but la Mairie de Paris a-t-elle créé ce site ?

Les jeunes utilisent de plus en plus les réseaux sociaux. 90% des 12-20 ans ont un compte Facebook, qui est devenu pour eux un espace d’expression où ils n’ont pas de limites. Les dérives sont nombreuses : échanges de photos compromettantes, de devoirs, de numéros de téléphone portable, de photos ou vidéos dénudés… Certaines pratiques que l’on peut qualifier de pré-prostitutionnelles ont même engendré des suicides, qu’on a tous lu dans la presse. Nous nous sommes saisis de ce sujet pour créer une plate-forme de prévention auprès de ce jeune public, mais pas seulement, car elle est destinée à tous ceux qui ont un compte Facebook. Le but est de leur apprendre, via un test ludique et interactif, à maîtriser leur empreinte numérique.

Quel est le rôle de votre partenaire, Réputation Squad ?

La Mairie de Paris et l’équipe du site Paris.fr se sont associés à la start-up Reputation Squad pour créer « Soyez net sur le net », une plate-forme qui comprend un test en ligne pour se faire une idée de l’image que l’on donne sur les réseaux sociaux et des outils pour gérer et orienter son e-réputation. Réputation Squad est l’une des plus grosses agences françaises en matière de e-réputation, ce sont des spécialistes, ce qui n’est pas notre cas à la Mairie de Paris.

Quel est le coût de cette opération de communication pour la Mairie de Paris ?

La plate-forme a été réalisée sur appel d’offre public. Elle a coûté 15 000 € hors taxes.

Quel est l’intérêt pour une collectivité locale de s’investir dans ce sujet ?

L’intérêt, c’est de faire de la prévention, de traiter d’un sujet qui est d’actualité chez les jeunes, et cela d’une manière un peu nouvelle. De la prévention ludique sans adopter un ton paternaliste ni moralisateur.

Ce site est-il destiné uniquement aux jeunes « addicts » de Facebook ?

Pour le moment, le site est en effet plutôt tourné vers les jeunes puisque la plate-forme n’a été développée que pour Facebook et ce sont les plus gros utilisateurs de ce réseau. 60% d’entre eux y consacrent plus d’une heure par jour. Bien sûr, toutes les personnes ayant un compte Facebook peuvent faire le test ; mais les jeunes sont moins armés face aux problèmes qui peuvent survenir sur les réseaux, ils ont moins de recul pour savoir comment diffuser leur image.

La e-réputation d’un internaute ne se construit pas uniquement sur Facebook. Votre site va-t-il évoluer et proposer des fiches techniques sur d’autres réseaux sociaux ?

Le but est de faire évoluer la plate-forme, de la transversaliser sur d’autres réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Pinterest…) et pourquoi pas sur des réseaux professionnels (Viadeo, LinkedIn). Il s’agit de respecter notre engagement, auditer votre e-réputation sur le net, et le net ce n’est pas que Facebook. Cette version est une première version amenée à s’étoffer.

Le choix des statuts/photos/amis… du test se fait-il complètement au hasard ?

Tous les contenus ont un rapport avec la personne qui fait le test. Il faut savoir que 30% des jeunes acceptent en « amis » des gens qu’ils ne connaissent pas et ils postent des statuts, photos, sans vraiment savoir qui les regarde et ce que ces personnes font avec. Le test est une manière de mettre en lumière toutes les données que Facebook connaît de la personne et de la sensibiliser par rapport à ça. Nous avons essayé d’intégrer de la rejouabilité, de façon à permettre aux utilisateurs de réessayer le test plusieurs fois et de s’améliorer, le but étant d’obtenir une meilleure note.

Pensez-vous que ce test peut créer une prise de conscience chez ceux qui le font ?

On ne peut pas établir des vérités générales mais les jeunes, avec qui on a testé, ont été interloqués par ce qui ressort sur eux. On sent qu’il y a quand même une certaine prise de conscience qui, de toute manière, ira en grandissant quand ils commenceront à chercher du travail.

Au score final, on ne trouve pas de conseils pour mieux gérer sa e-réputation. Certes, le site propose des fiches techniques très détaillées, mais comment doit réagir un internaute qui découvre que sa e-réputation est mauvaise ?

Si la e-réputation d’un internaute est mauvaise cela signifie qu’il y a des choses qu’il n’assume pas, qu’il a pas mal d’amis qu’il ne connaît pas… Les recommandations sont faites à partir de fiches pratiques, elles vous expliquent comment se désabonner d’une page, comment trier ses amis dans des listes, comment cacher des statuts… c’est grâce à cela que l’on va améliorer son e-réputation. Pour les personnes qui ont des infos un peu lourdes à porter sur le net, les victimes de harcèlement ou d’usurpation d’identité, nous avons mis en ligne des numéros utiles : la CNIL, le Ministère de l’Intérieur… qui ont des cellules compétentes pour prendre en charge ces problèmes-là.

Que faites-vous des réponses et du score ? Y a-t-il une étude derrière ?

Rien du tout ! On ne conserve pas les données, on ne garde aucune trace du score des internautes. Évidemment, nous savons combien de personnes sont venues sur le site mais c’est complètement anonyme. Nous ne faisons pas de statistiques sur la note moyenne. La Mairie de Paris a une vraie volonté de transparence.

Si vous aviez trois conseils à donner à nos lecteurs pour bien gérer leur e-réputation ?

En premier lieu, faire attention à qui sont leurs amis. Ensuite, ne pas laisser des contenus qu’ils ne sont pas sûrs d’assumer dans quelques années, et ne pas régler ses comptes. Et pour finir, faire le test !

http://ereputation.paris.fr/

Propos recueillis par Marine Delcayre

Depuis 2011, le cloud computing, littéralement « informatique dans le nuage », est dans toutes les bouches. Mais le concept reste encore vague pour le grand public. Influenceurs du web a tenté d’en faire une synthèse.

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Le cloud computing signifie littéralement « informatique dans le nuage » - Crédit : DR

Le cloud computing, cela signifie tout simplement l’accès, via internet, à des ressources informatiques stockées sur des serveurs distants. Un nombre de plus en plus grand de données sont stockées sous forme numérique par les entreprises et les particuliers.
Le cloud, le grand public l’utilise depuis longtemps sans le savoir. Quand on utilise son webmail (Hotmail, Gmail ou tout  autre service de messagerie gratuit) on se sert du cloud.

Les utilisateurs particuliers ou les entreprises ne sont plus gérants de leurs serveurs informatiques mais peuvent ainsi accéder de manière évolutive à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer une infrastructure souvent complexe. En effet, les données sont déportées dans un « nuage » composé d’un certain nombre de serveurs distants interconnectés au moyen de liaisons bénéficiant d’une excellente bande passante indispensable à la fluidité du système. L’accès aux services se fait par une application standard : le navigateur web.

Le concept d’informatique dans le nuage est comparable à celui de la distribution de l’énergie électrique. Le prestataire garantit à son client une capacité de stockage adaptée à sa demande.

Le cloud réduit les coûts des entreprises

Les entreprises ont de plus en plus recours à ce genre de service qui leur permet de louer la capacité exacte dont elles ont besoin. C’est une source d’économies importante.

La mutualisation du matériel permet d’optimiser les coûts : selon son besoin, l’entreprise peut louer « à la demande » pour une durée modulable. Pas d’investissements supplémentaires lourds (matériels, logiciels, installation) pas de machines sous-exploitées, ni de stockage inadéquats et de logiciels non mis à jour.

Cela permet aux entreprises d’être réactives et « flex » face à un marché de plus en plus concurrentiel et dans un environnement rendu compliqué par la crise économique.

Le cloud rassure

Le cloud peut aussi faire office de coffre-fort électronique virtuel et permet à chacun de mettre à l’abri ses données aussi bien personnelles que professionnelles.

Les entreprises voient dans ce service la manière de « sauvegarder » des données essentielles : archivage de l’ensemble des courriels et des documents. Une fois stockés, ces documents peuvent être consultés par qui en possède le droit mais ne peuvent ni être modifiés ni supprimés. Le service coffre-fort assure la survie des données pendant la période prescrite et leur destruction lorsque la durée de rétention légale est échue. La possibilité de faire état de telles archives gérées par un acteur neutre représente un argument de poids en cas de procédure.

Les fournisseurs garantissent l’extrême fiabilité de leur service basée sur des infrastructures performantes possédant des politiques efficaces de tolérance aux pannes.

Le cloud entre terre et ciel

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Un data center de Google - Crédit Google

Les ressources ne sont donc plus en local. Toutefois, elles ont beau être « dans le nuage », elles n’en restent pas moins sur terre, dans des datas centers géants qui font bien une dizaine de fois la taille d’un terrain de football et qui sont remplis de machines. Ces data centers se trouvent répartis un peu partout sur la planète. L’internaute lambda ignore dans quel data center se trouvent ses données. Celles-ci peuvent bouger. Aucun engagement n’est pris à ce niveau-là vis-à-vis du grand public.

Le nombre d’utilisateurs du cloud computing s’élevait fin 2012 à 500 millions, on en prévoit pour 2017, 1.3 milliards.

Agnès du Lac

Avec Google Now, assistant personnel pour les mobiles Android, et Ingress, le jeu en réalité augmentée, Google a sorti en 2012 deux grandes nouveautés dans le domaine de la géolocalisation. Inventions géniales ou effrayantes ?

Un assistant personnel intelligent sous la forme d’une application basée sur la reconnaissance vocale et l’usage du langage naturel pour apporterdes réponses aux requêtes des utilisateurs, faire des recommandations et effectuer des actions en déléguant certaines requêtes à des services en ligne… Siri ? Et non. Google fait concurrence à Apple avec Google Now, apparu pour la première fois en juin 2012, inclus par défaut dans la version 4.1 d’Android (« Jelly Bean »), et qui a fonctionné pour la première fois sur le Galaxy Nexus.
Par exemple, si vous avez un rendez-vous inscrit dans votre agenda, Google Now va vous aider à arriver à l’heure en vous communiquant les options de moyens de déplacement possibles et les temps de trajet. La condition sine qua non de ce service est la nécessité d’être géolocalisable en permanence. L’activation de Google Maps ouvre automatiquement Google Now. Avec Google Now activé, Google va pouvoir nous suivre partout et pouvoir récupérer des informations afin de dresser de nous un portrait très « qualifié ». Il utilise notamment la carte d’historique Google Latitude (voir encadré).
Selon Larry Page, le PDG de Google, « les gens ne veulent pas que Google réponde à leurs questions. Ils veulent que Google leur dise ce qu’ils doivent faire. » Google Now est donc un assistant personnel, automatique et prédictif, pour faire de nous des assistés par Google.
Pour l’instant Google Now ne concerne que les 10% de terminaux équipés de la version Jelly Bean, 4.1 et 4.2, d’Androïd, mais Google annonce son arrivée sur PC, lors d’une prochaine actualisation de son navigateur Chrome.

Google Latitude
Si vous avez un compte Gmail, avez-vous déjà reçu et ouvert le mail ayant pour objet « Google Reporting Privacy Reminder » ? Pour préserver votre vie privée, il vous avertit aimablement en anglais que votre mobile collecte des données sur vos déplacements. Il vous explique que si vous ne le désirez pas vous devez désactiver cette fonction et si vous ne l’avez pas déjà fait en cliquant le lien: «View My Location History».

exemple d' historique géolocalisation de Google Latitude
Exemple: capture d’écran d’Historique Latitude (déplacement d’une journée)

Parce que votre mobile interroge régulièrement le réseau via les antennes GSM environnantes Google Latitude, va pouvoir trianguler votre position (éventuellement la partager) puis la  coupler à Google Maps et arriver au résultat précédent.
Vous pouvez ensuite visualiser une deuxième page : « le tableau de bord ».

Extrait du Tableau de bord dans Google Latitude

Vous y verrez que Google a enregistré vos lieux visités sur des périodes que vous pouvez faire varier, vous signalant au passage les lieux, hôtels, restaurants, commerces, institutions, écoles, etc. à proximité desquels vous êtes passés, qu’il a réussi à estimer votre temps de travail hebdomadaire, le temps passé à l’extérieur de chez-vous, puis à l’intérieur. Il a donc inventé une sorte de Personal Manager Reporting !

De la collecte à leur interprétation : Google a choisi sa grille de lecture et bâtit une analyse de votre comportement.


Ingress, quand la géolocalisation devient un jeu pour Google

Copie d'écran d'IngressEn même temps qu’il démarrait son service Google Now, Google trouvait le moyen de faire se lever de leur fauteuil les fans de Mmorpg*! Désormais s’ouvrait une nouvelle ère/aire de jeu : le monde réel (« the world is the game » selon Ingress ). Lancée en juillet 2012, la dernière création du département Niantic Labs de Google a été testée six mois avant de démarrer officiellement en novembre. Ce jeu d’immersion en réseau transforme le possesseur de mobile en joueur évoluant dans le monde réel « augmenté » de portails associés à des lieux publics : il est basé fondamentalement sur la géolocalisation et la prise de photos de ces dits lieux. Les joueurs, divisés en deux groupes, les « éclairés » et les « résistants », doivent arpenter les rues de la ville pour collecter de la XM (Exotic Matter). Tout d’abord dans des lieux publics puis bientôt dans des lieux privés, des commerces et des produits vont être intégrés au jeu et nous imaginons très bien pourquoi.
L’étape suivante, c’est l’arrivée des fameuses lunettes Google au printemps 2013. Ce sera plus agréable de jouer avec des infos qui s’affichent directement dans son champ de vision qu’en marchant les yeux rivés sur l’écran de son mobile.

Géolocalisé sans fin

De ces traces que nous laissons depuis que ces systèmes de collecte existent, Google et d’autres vont fabriquer un univers de flux d’informations parfois fictives, mêlé intimement à notre monde réel, auquel nous accèderons avec nos mobiles et ainsi nous pourrons  jouer…dans la vraie vie.
Cerebro dans le film X-Men
Cerebro – le fameux ordinateur neuronal dans X Men

La science-fiction n’a jamais été aussi proche.Et si quelque part il existait une sorte d’ordinateur « neuronall » comme le  » Cerebro » des X Men.  Peut-être ? Allez chassez votre paranoïa. Il vous reste encore la possibilité de désactiver Google Latitude, ou de ne jamais utiliser Google Maps !

* Massively Multiplayer Online Role-Playing Game : jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs.

Avec le web 2.0 et l’émergence des réseaux sociaux, les internautes deviennent les principaux fournisseurs de contenu (User Generated Content ou UGC). Il devient nécessaire pour les marques et les entreprises de maîtriser leur image sur internet et d’établir des règles de communication. Le community manager ou spécialiste SMO (Social Media Optimisation) va être le porte-parole de la marque et le responsable de son e-réputation.

L’arrivée des médias sociaux a favorisé les échanges entre internautes. Les consommateurs se renseignent de plus en plus sur une marque ou un produit avant d’acheter ou de souscrire à une offre de service. Bien que les réseaux sociaux permettent aux entreprises de toucher directement des prospects et clients, ils peuvent aussi devenir source de critiques en cas de problèmes (produits défectueux, problèmes de livraison…).
Il est donc devenu indispensable pour les entreprises de surveiller et de gérer leur identité numérique et leur e-réputation. C’est pourquoi le web voit l’arrivée d’un nouveau métier : le community manager.

Son rôle est de devenir la voix de la marque sur le web, il doit dialoguer avec les internautes et être le garant de l’image de son employeur sur les réseaux. En cas de crise ou de « bad buzz », c’est lui la première ligne de défense. Pour gérer ce genre de situation critique, il doit respecter certains principes :

  • Etre en veille permanente : pour pouvoir réagir, il doit se tenir au courant de toute mention de l’entreprise, de la marque ou d’un de ses produits. Certains outils comme les alertes Google, ou, pour plus de précisions et un suivi en temps réel, un logiciel comme Radian6, permettent de savoir quand la marque est citée sur internet.
  • Réagir rapidement : il est crucial de prendre en compte le problème du client aussi vite que possible avant que ses commentaires négatifs ne se propagent sur la toile. Même si une solution ne peut pas être apportée de suite, montrer de l’intérêt pour son problème aide à désamorcer la situation.
  • Adopter le point de vue du client : comprendre le problème sans forcément chercher à se justifier et trouver ce qui peut être mis en œuvre pour sa résolution.
  • Se montrer discret : un forum public ou le mur Facebook de l’entreprise n’est pas le meilleur endroit pour discuter d’un souci éventuel. Proposer un moyen de dialogue plus discret (e-mail ou téléphone) est préférable.
  • Ne pas avoir peur de s’excuser : s’il est avéré que l’entreprise a tord, assumer et s’excuser est la meilleure chose à faire afin de limiter l’impact du problème.

Coca-Cola et les canettes roses

Un fan a mis la marque au défi sur sa page Facebook en juin 2012 avec le message suivant :

« Si ce post atteint les 2 millions de J’aime, vous imprimez des canettes roses et vous devrez reverser 30% de vos profits à la lutte contre le cancer du sein »

Post sur la page facebook de Coca-Cola

Les deux millions de « J’aime » ont effectivement été atteints en dix jours et, la cause étant louable, la situation pouvait devenir compliquée. Au final, Coca-Cola a choisi de refuser le défi par le biais d’un article sur le blog de la marque en expliquant l’impossibilité technique de rendre les canettes roses et en rappelant l’ensemble des actions en faveur de la lutte contre le cancer du sein entreprises par Coca-Cola. Il n’est pas nécessaire de céder aux internautes, mais répondre à une demande de façon claire peut constituer une opportunité pour la marque de communiquer sur ses bonnes œuvres et améliorer son image.

La NRA : un exemple de communication de crise mal gérée

NRA sur Facebook

Suite à la tuerie de Newton dans le Connecticut le 15 décembre 2012, au cours de laquelle 20 enfants âgés de 5 à 7 ans et 6 adultes ont été tués au fusil mitrailleur, la National Rifle Association (NRA), qui promeut la liberté d’acquisition et d’utilisation de toutes les armes à feu aux Etats-Unis, a déployé une stratégie de communication inhabituelle : plutôt que de dialoguer avec les internaute, l’association a cessé d’alimenter son compte Twitter et a fait disparaître sa page Facebook.

L’avantage, c’est qu’une fois passée la tempête médiatique, la NRA pourra réactiver sa page sans avoir perdu un seul « J’aime ». Elle évite également les commentaires souvent excessifs de ses partisans, mais ne profite pas des commentaires prenant sa défense. Cette stratégie met en avant l’absence de plan de gestion de crise sur les médias sociaux de l’association, qui a été vivement critiquée.

Après un silence de plus d’une semaine, qui a laissé l’espoir d’un changement de position de la NRA au sujet des armes à feu, Wayne Lapierre, le vice-président, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a nié la responsabilité de la libre circulation des armes dans la tuerie. Il a mis en cause les médias, les jeux vidéo, les films, les vidéo clips, le président Obama, les écoles sans armes à feu et l’aide américaine à l’étranger. Il s’est ainsi retrouvé en boucle sur les chaines de télévision et internet, ne montrant aucune compassion pour les victimes et leurs familles, alimentant un « bad buzz » déjà grandissant. Un communiqué de presse aurait sans doute été un moindre mal.

Cette erreur démontre qu’en communication de crise, la meilleure défense reste l’attaque. Un community manager aurait pu prendre en charge la communication sur les réseaux sociaux, modérer les commentaires excessifs et surtout se montrer humain, ce qui a cruellement manqué à la NRA.

Nathalie Delmas

Alexandre Lesault, juriste de formation et co-fondateur de  la société Andil, a répondu à nos questions pour nous éclairer sur l’état de la législation concernant la e-réputation.

De quels textes de loi relèvent les problèmes liés à la e-réputation ?

Il n’y a pas à proprement parler de textes spécifiques concernant la e-réputation. Cette problématique qui a déjà 10 ans recouvre différents aspects du droit, plusieurs textes sont applicables en la matière et selon la qualification retenue, il faudra se tourner vers des règles civiles, pénales, consuméristes, touchant les libertés publiques ou issues de la propriété intellectuelle. Cependant différents textes français doivent être cités car ils sont au cœur de ces problématiques :

  • La loi du 29 juillet 1881 qui concerne les cas d’infractions de diffamation et d’injure.  Ce texte assez ancien reste au cœur de la problématique même si nous nous situons au sein des TIC.
  • La loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) n° 2004-575 du 21 juin 2004 et son décret d’application n°2011-219 du 25 février 2011, qui impose par exemple à tout hébergeur de contenus ou de services l’obligation de garder en mémoire les données pour l’identification des utilisateurs pendant un an, et permet de lever l’anonymat des intervenants par une procédure d’« injonction motivée » en cas de doute légitime sur des actes ou des paroles « numériques » qui pourraient être contraire à la loi (insultes, diffamation, incitation à la haine raciale…).
  • La loi du 6 janvier 1978 relative à la protection des données à caractère personnel vient, plus de trente ans après son entrée en vigueur, protéger les victimes dont la e-réputation a été entachée ou salie. La loi pose le principe d’un droit à l’oubli (art. 40) pour chacun d’entre nous et nous donne les moyens de le faire appliquer.

Ce domaine s’est également construit par la jurisprudence abondante qui s’est développée autour de ces questions. Ces décisions invitent souvent le législateur à préciser les contours de ces règles applicables et le juge appréciera de façon variable le montant des indemnisations généralement octroyées.

Le Sénat de son côté a proposé le 23 mars 2010 une loi qui prévoyait entre autre un droit à l’oubli numérique. Dans cette proposition de loi est prévue la suppression des données sur simple demande par courriel. L’objet de cette proposition sera donc de faciliter les recours en cas d’abus. Cette proposition de loi n’a, à ce jour, pas encore été examinée par l’Assemblée Nationale.

Enfin, en octobre 2010, cette notion de droit à l’oubli numérique a fait l’objet d’une Charte pour les réseaux sociaux et les moteurs de recherche qui s’engagent à mettre en place un système de signalement et de recours pour les internautes désirant faire supprimer leurs informations. A ce jour très peu d’acteurs internet ont signé cette charte.

Ces textes suffisent-il à encadrer les problèmes liés à la e-réputation que rencontrent les entreprises et les individus ?

Notre système juridique est ainsi fait que lorsqu’il ne trouve pas de règles spécifiques applicables en particulier à tel ou tel problème, il ira puiser ses fondements dans des règles générales applicables y compris au-delà du numérique. Ainsi nous pouvons citer :

  • La loi du 29 juillet 1881 relative aux infractions de diffamation et d’injure
  • L’article 1382 du Code civil sert souvent de base pour condamner le dénigrement public
  • Le code de la consommation est quant à lui utilisé pour les pratiques commerciales déloyales qui visent à dénigrer cette fois un produit ou un service d’une entreprise
  • Le code pénal prévoit également toute une série de mesures réprimant l’atteinte à la personnalité des personnes physiques. Par exemple :

-          l’atteinte à la vie privée (Article 226-1) par la diffusion de photos ou de paroles privées sans le consentement,

-          l’atteinte à la représentation de la personne (Article 226-8) dans les cas de montages réalisés sans consentement et sans mentions explicites,

-          l’atteinte au secret professionnel (Article 223-13) s’applique aussi à des diffusions qui auraient été faites via internet,

-          l’atteinte au secret des correspondances (Article 226-15) qu’il s’agisse de mails ou de reproduction numériques de lettres,

-          l’usurpation d’identité peut elle aussi être réprimée.

Qui est responsable : l’auteur, l’éditeur, l’hébergeur ?

L’auteur est celui qui créé les contenus, c’est la personne qui en premier chef sera reconnue comme ayant tenue les propos ou réalisée les contenus en cause. Il joue un rôle actif. L’éditeur est celui qui met à disposition des contenus. C’est la personne qui détermine les contenus qui doivent être mis à la disposition du public sur le service qu’il a créé ou dont il a la charge. Il joue également un rôle actif. L’hébergeur est celui qui met à disposition les moyens techniques de diffusion et de stockage sans pour autant prendre part à la constitution de ces contenus. Il joue un rôle passif.

C’est la notion de rôle actif qui déterminera la responsabilité en la matière. Par définition l’auteur et l’éditeur le sont. L’hébergeur, passif par définition, n’a pas d’obligation générale de surveillance mais doit tout mettre en œuvre lorsqu’un trouble manifeste lui est signalé pour le faire cesser. Dans le cas contraire sa responsabilité pourrait également être engagée.

Quel rôle jouent la DGCCRF et la CNIL dans le domaine de la e-réputation ?

La DGCCRF (Direction Générale de la Consommation de la Concurrence et de la Répression de Fraudes) traque toutes les pratiques commerciales douteuses qui pourraient avoir pour conséquence de tromper les consommateurs que nous sommes.

La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) quant à elle, définit la e-réputation comme « l’image d’une personne sur internet« . Elle garantit notamment à toute personne qui en fait la demande un véritable « droit à l’oubli » pour lequel tout individu présentant des motifs légitimes peut s’opposer à la diffusion d’informations et même demander la suppression de données diffusées sur internet le concernant.

Ont-elles les moyens de contrôler les 104 000 sites marchands français ?

La tâche est grande mais comme on dit « A cœur vaillant, rien d’impossible !« .  Plus sérieusement, il en va de la responsabilité de chaque professionnel, producteur de services ou de contenus en ligne de s’assurer que son activité respecte bien les règles mises en place à cet effet. Ces organismes ont avant tout des missions d’information et de prévention et le contrôle ne vient que si un doute légitime est avéré.

Concrètement, si demain un de mes concurrents décide de mettre à mal ma réputation sur Internet, quelle est la démarche à adopter ? De même que pour un individu à la réputation numérique entachée, quelle démarche adopter ?

La gestion de la e-réputation nécessite une réaction rapide pour minimiser l’impact des atteintes à son identité numérique. Plusieurs actions en justice sont possibles et seront employées en fonction du type d’atteinte et du préjudice subi par la personne ou l’entreprise.

De façon pragmatique, protéger sa réputation sur internet est devenu un marché qui prend de plus en plus d’importance tant la demande grandit. La CNIL dans un article en date du 24 juin 2011 explique de façon simple les différentes actions pouvant être menées à son niveau (droit d’opposition et de suppression notamment) mais également en ayant recours à des agences spécialisées dans le domaine. Deux stratégies sont alors privilégiées, l’exercice du droit d’opposition et de suppression mais également lorsque cela est techniquement impossible, l’enfouissement dans les profondeurs des classements de moteurs de recherche des éléments litigieux au profit d’éléments positifs ou neutres déployés par les sociétés en question.

Nous entendons beaucoup parler des faux commentaires/avis utilisés pour gérer son e-réputation, croyez-vous que des labels CNIL ou normes AFNOR (apposer «les avis de ce site respectent la norme AFNOR », déclaration sur l’honneur…) peuvent contribuer à résoudre le problème ?

Selon Olivier Peyrat, directeur de l’AFNOR (l’Agence française de normalisation), la future norme définira les pratiques garantissant la fiabilité de la collecte des avis des consommateurs. La norme devrait « permettre de mieux identifier les auteurs des messages en croisant les avis laissés par un même internaute afin de vérifier leur pertinence ». Enfin les commentaires seront encadrés afin d’éviter que les sites marchands ne censurent ceux qui sont négatifs. Cette norme sera publiée en décembre 2012. Quant aux Labels CNIL, ils vont permettre à cette dernière de délivrer des signes de reconnaissance aux entreprises et services qui en feront la demande et qui permettront aux consommateurs de distinguer les services et les produits qui respectent la loi en matière de protection des données.

Si ces initiatives attendues par le consommateur et les associations ne vont pas résoudre tous les problèmes, elles vont néanmoins dans le sens d’une plus grande transparence et d’une meilleure information du consommateur.

N’y a-t-il pas de contradiction entre le droit à l’anonymat et la déclaration sur l’honneur qui serait imposée à chaque internaute avant de publier un commentaire/avis ?

La future norme AFNOR recommanderait pour l’auteur du commentaire la nécessité de s’identifier, l’accès aux anciens commentaires de celui-ci et la faculté de le contacter directement par mail ou téléphone serait également possible. L’internaute devrait également faire une déclaration sur l’honneur avant de poster un commentaire et fournir la preuve de l’achat avant de pouvoir donner son avis. Je ne le pense pas car ce droit à l’anonymat concerne avant tout la protection des données personnelles de l’individu, sa vie privée et l’utilisation abusive qui pourrait être faite de ces données. Or publier un commentaire sur internet c’est quelque part s’exposer publiquement en portant un jugement de valeur sur un produit ou un service. Il me semble que l’argument de protection de la vie privée ne joue plus à compter du moment où l’exposition publique est volontaire. Si vous voulez rester anonyme sur internet, le meilleur moyen est encore de ne pas poster de commentaires !

Croyez-vous en l’adoption de directives européennes pour légiférer sur la e-réputation ? Quel est l’intérêt des Etats à légiférer sur ce point ?

La e-réputation ne s’arrête pas aux frontières. Une législation commune est donc nécessaire afin de garantir à chaque ressortissant ou chaque entreprise que sa réputation sera protégée de la même manière. Une telle démarche constitue une garantie pour le citoyen, un élément de sécurisation juridique pour les entreprises et un moyen d’améliorer la coopération entre les autorités de contrôle de chaque Etat membre.

Des directives européennes concernant la protection des données personnelles semblent voir le jour. Plus précisément, le droit à l’oubli interdirait à une entreprise de conserver les informations dont elle ne se sert plus. Comment une telle disposition pourrait être rendue applicable sur le terrain ?

Ainsi par exemple récemment la Commission européenne a adopté, le 25 janvier 2012, un projet de règlement européen relatif à la protection des données personnelles. Ce projet de règlement vise à réformer la directive n° 95/46/CE relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données. A la différence d’une directive qui doit être transposée, ce règlement européen sera d’application immédiate dans l’ordre juridique des Etats membres une fois qu’il sera définitivement adopté.

Ce texte porte en lui les gènes d’une véritable reconnaissance d’un droit à l’oubli numérique car il prévoit notamment que les individus n’auront plus à fournir de justification à l’occasion d’une demande de suppression des données les concernant sauf à ce que celui qui les a stocké ne fasse état d’un motif légitime pour les conserver. Ce texte doit encore passer devant le Parlement Européen pour être définitivement adopté.

Est-il utopique de dire que l’Europe et les Etats-Unis aboutiront un jour à des règlementations qui convergent ?

La réputation des individus ou des entreprises n’a pas de frontières et avec internet le phénomène est mondial. Prenons l’exemple du constructeur automobile japonais réputé pour sa fiabilité qui occupe les premières places du classement mondial des constructeurs automobiles et qui doit protéger sa réputation sur les 5 continents. Récemment ce constructeur à fait le choix de rappeler 2,77 millions de ses voitures vendues partout dans le monde pour des problèmes techniques car sa réputation de constructeur de « voiture fiable » était entachée. Les véhicules posant problème étaient partout et le problème fut envisagé par cette entreprise de façon mondiale.

Aux Etats-Unis la gestion de la e-réputation a démarré plus tôt car n’oublions pas que ce sont les créateurs des médias sociaux et de la culture de la communication web pour les entreprises.

Interview réalisée par Frédéric Blancheton

Une contribution de l’agence réputation squad sur le thème des bonnes pratiques en droit de l’Internet pour protéger son e-réputation

Orange annonçait il y a quelques jours, avoir vendu 280 000 Iphones au cours de l’année 2011 et selon une étude de Google, la France compte¬rait environ 14 millions d’utilisateurs de Smartphones. Signe révélateur de la virtualisation de la vie sociale des individus, l’accroissement de l’usage des smartphones montre à quel point l’homme moderne vit en mode « connecté ».

Même les politiques sont aujourd’hui friands de réseaux sociaux et s’en servent quotidiennement comme arme de communication, au point de déraper parfois et d’oublier qu’un simple message diffusé sur un réseau comme Twitter est public, et peut faire l’effet d’une bombe.

« Un simple message diffusé sur un réseau comme Twitter peut faire l’effet d’une bombe »

Il est en effet si facile de diffuser une opinion via Twitter ou son blog personnel, qu’on aurait parfois tendance à omettre que cette vie numérique peut avoir des répercussions bien réelles et notamment juridiques, in real life, comme aiment à le dire certains férus de micro-blogging.

Face à l’omniprésence d’Internet dans le quotidien des individus et des entreprises, il semblait important de rappeler quels sont les risques juridiques liés à son usage afin de prendre les bonnes résolutions pour protéger son ereputation en 2012.

Le droit de l’Internet au service de l’e-réputation

Schéma de réputation-squad représentant le droit à la e-réputation

Qu’un individu soit diffamé sur un blog ou qu’une entreprise soit victime de cybersquatting de sa marque, le droit permet en général de sanctionner efficacement ce type de pratiques. Trois domaines permettent notamment de protéger l’identité numérique des personnes physiques et morales : le droit de la communication, le droit de la propriété intellectuelle, le droit des données personnelles.

La diffamation et l’injure constituent ainsi des infractions sanctionnées pénalement et civilement en droit français et permettent de faire supprimer un message diffamatoire et de faire condamner son auteur.

Dans la même veine, la loi « informa¬tique et libertés » protège les individus de l’utilisation abusive de leurs données, ayant notamment pour conséquence de ternir leur e-réputation. Noms et emails de dirigeants se retrouvant dans des listings de pseudo pétitions en ligne ou publication d’informations privées confidentielles pourront ainsi être supprimés, au besoin en prenant conseil auprès de la CNIL.

Mais en cas d’attaque contre une entreprise, les mécanismes de protection propres à la propriété intellectuelle seront particulièrement conseillés pour faire cesser un trouble à l’e-réputation. Le droit des marques et le droit d’auteur constituent souvent des leviers efficaces, notamment auprès des hébergeurs, pour faire fermer une page Facebook se faisant passer pour un compte officiel de la marque ou récupérer un nom de domaine. La propriété intellectuelle revêt enfin un intérêt particulier en raison de régimes de protection assez similaires au niveau international. Les Etats-Unis comme l’Europe ont en effet adopté des textes de lois présentant un niveau de protection similaire concernant la protection des droits de propriété intellectuelle sur Internet.

Les bons comportements juridiques pour une e-réputation positive

Plutôt que de chercher comment soi¬gner une e-réputation ternie par la présence d’informations négatives sur la toile, la meilleure solution réside dans la prévention des risques.

Modérer ses propos ou le piège de l’instantanéité des réseaux sociaux

Conversation twitter - réputation squad

Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que toute publication d’une information (texte, photo, vidéo) engage la responsabilité de son auteur. Si la diffusion d’un message sur Twitter peut paraître anodine, il y a bien un risque juridique à relayer une information diffamatoire. Mieux vaut donc éviter de régler un conflit avec un concurrent ou un détracteur par des échanges virulents et non réfléchis  sur la toile. Entre une joute verbale et un message diffamatoire, il n’y a souvent qu’un pas à franchir. S’il s’agit en plus d’un concurrent, le dénigrement commercial peut être lourdement sanctionné par les tribunaux par l’attribution de dommages-intérêts conséquents. D’une manière générale, mieux vaut régler un problème en « off » plutôt que le faire sur la toile et de risquer de créer une polémique.

La sécurité de l’information : enjeu d’e-réputation corporate pour 2012

Comme l’a montré l’affaire sur le piratage de données personnelles détenues par Sony ou la diffusion d’un fichier contenant des informations privées sur les membres de l’UMP, la sécurité informatique est devenue un enjeu juridique pour les entreprises et administrations. Aux termes de la loi informatique et libertés, une entreprise est tenue de veiller à la sécurité des données personnelles qu’elle possède et de notifier à la CNIL, les pertes et vols de données qu’elle subirait. L’image d’une entreprise et son e-réputation dépendront de plus en plus de la qualité de ses collaborateurs en droit des nouvelles technologies et en sécurité informatique. Négliger la mise en conformité des entreprises avec le droit des données personnelles, les expose à des sanctions juridiques et des préjudices d’image importants.

Ces quelques exemples sont révélateurs de l’apparition de risques juridiques nouveaux liés à l’accroissement de l’utilisation du web dans la vie des affaires, qui prendront inévitablement encore plus d’importance dans les années à venir. Les risques juridiques liées à Internet et au numérique en général doivent ainsi être appréhendées dès à présent par les entreprises afin de mettre en place des best-practices.

L’assureur AXA veut protéger la e-réputation des citoyens et vient d’annoncer, vendredi 20 janvier, la création d’un contrat pour « assurer la vie numérique ». Intégré dans une offre globale concernant les accidents de la vie courante, il inclut une protection contre l’usurpation d’identité, les usages frauduleux des moyens de paiement et les e-litiges.
De plus en plus nombreuses, les e-mésaventures au travers des réseaux sociaux, illustrent bien un nouveau danger et montre l’urgence de mettre en place « une charte » pour sensibiliser et éduquer nos enfants à ses nouveaux moyens de communication.

Pour en savoir plus :
lire l’article du journal  Le monde, paru le 20 janvier 2012

A paraitre, le 20 février notre article sur ce thème : « la e-réputation des adolescents : pensons à l’avenir « 

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