La numérisation toujours grandissante du monde professionnel suppose indéniablement la prise en compte d’un certain nombre de nouveaux risques.
Désormais, avec l’utilisation du numérique, même en l’absence de précisions concernant les responsabilités pouvant être engagées, plusieurs cas doivent être là distingués dans le cadre d’un usage détourné de cet aspect numérique.
Il est possible pour des individus mal intentionnés de tenter de tirer profit de ce mouvement de « numérisation » en raison de la méconnaissance et de la faiblesse technique des différents acteurs.
Les professionnels, peuvent ainsi être victimes d’intrusions informatiques visant à recueillir des informations dont ils ont la charge.
Par ailleurs, leurs clients se voient confrontés de plus en plus fréquemment à des campagnes de phishing ou d’hameçonnage, ou encore de charlatanisme.
Et force est de constater que l’instantanéité de la diffusion des informations peut alors nuire immédiatement à la répution et à la crédibilité de ces professionnels.
Ainsi une nouvelle forme de nuisance voit le jour quant aux atteintes à la « e-réputation », comme par exemple des campagnes de déstabilisation et de dénigrement qui apparaissent régulièrement sur les réseaux numériques.
Ceci peut de surcroît s’inscrire dans un cadre d’une politique de guerre économique, afin de capter dans un secteur ou une spécialité donnée les clients d’un concurrent.
Une question se pose alors quant à la résolution d’un tel problème : la seule échappatoire en cas de nuisance d’une information erronée, n’est elle plus réellement la correction ou la suppression de la dite information – de par la complexité des actions à mener -, mais sa dilution par ajout d’informations pertinentes dans la globalité du système d’information ?
Face à ce constat, la prudence s’impose donc. Il apparait même qu’une double obligation devrait voir le jour en ce qui concerne la mise en œuvre de la politique de modernisation du monde professionnel. Une obligation d’éducation des acteurs, et une obligation de sécurisation des usages.

Après avoir noté les restaurants, les hôtels, les produits culturels, les fringues, les profs, l’internaute s’attaque à l’évaluation du corps médical. Les professionnels de la santé doivent désormais, eux aussi, compter avec leur e-réputation.

Juger son médecin, son chirurgien ou son hôpital n’est pas nouveau. Avant l’explosion du web 2.0, ce web participatif où tout un chacun peut facilement rendre public son avis, la réputation des professionnels de la santé passait principalement par le bouche à oreille ou par des enquêtes «encadrées», relayées par les médias et des organismes.

Désormais, choisir un chirurgien passe souvent par un petit tour sur le web.

En effet, au-delà des nombreux forums consacrés à la santé, les sites spécialisés se sont multipliés ces derniers mois. Même s’ils ne restent pas ouverts très longtemps en France, les sites de notation sont très à la mode, comme l’a montré la polémique autour de Notetobe.fr, un site qui permettait aux élèves de noter leurs professeurs en ligne. Son petit frère, Notetobib.com, créé en 2008 pour noter les médecins, a fermé au bout d’un mois.

Au-delà des sites spécialisés, les avis s’échangent principalement sur des forums ou sur des sites d’avis plus «généralistes», comme Test n trust, qui répertorie des avis assez hétéroclites sur les enseignes de mode, les produits high tech, les instituts de formations en passant par les restaurants et… les médecins: 317 avis recensés à ce jour dans la catégorie «professionnels de santé». On peut y lister les plus et les moins de chaque praticien (pharmacien, docteur, etc..) en ayant le champ libre dans les réponses. Autre exemple, Yelp, créé en 2010, «utilisé pour tout rechercher, du meilleur cordonnier de la ville au burger le plus réputé»… Et même les médecins.

Aux USA, le système de notation est beaucoup plus développé, avec notamment le site www.ratemds.com, où l’on peut lire des avis très précis et nominatifs :

- « We love Dr. Rothenberg! He knows what he is doing and very sweet with kids. »

- « Terrible bedside manner. wouldn’t look me in the eye and kept calling me « honey » would never go back in a hundred years »

En France, les principaux forums consultés pour s’échanger des avis sur les professionnels de la santé sont hébergés par Doctissimo.

Un crédit très limité

L’existence de sites de cette nature permet donc à chacun de partager largement son expérience, positive ou négative, et d’en faire bénéficier la communauté.

Bien entendu, le crédit à accorder à ces différentes évaluations des professionnels de la santé sur le web reste limité. Tout d’abord car ce sont souvent les mécontents qui se manifestent, les satisfaits cherchant plus rarement à le faire savoir. Ensuite parce que l’internaute lambda n’a ni la légitimité ni les compétences pour évaluer correctement une prestation médicale. D’ailleurs ils commentent plutôt le côté humain ou pratique du service rendu. Enfin parce que les risques de dérives sont évidents : certains praticiens malhonnêtes pourraient également s’autopromouvoir, détournant alors la clientèle de leurs confrères. De même certains avis de patients pourraient se baser sur une envie de vengeance suite à un refus d’arrêt maladie par exemple.

D’un autre côté, la multiplication de ces avis sur le web peut amener des effets positifs, et notamment le fait de mettre une certaine « pression » sur les professionnels de la santé et donc les pousser à améliorer encore la qualité de leur service.

La parade

Les praticiens sont de plus en plus nombreux, notamment dans le domaine de la chirurgie esthétique, à faire appel à des sociétés privées comme Reputation Squad pour contrôler leur e-réputation.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/01/18/9995-chirurgiens-esthetiques-controlent-leur-e-reputation

Côté patients, certains outils ont été mis en place sur le web pour offrir au grand public un système d’évaluation sérieux. La Haute autorité de santé publie régulièrement sur son site des classements sur les établissements de santé, réalisés sur la base de mesures précises (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_5071/grand-public?cid=c_5071).

Autre élément permettant à l’internaute de trier les informations concernant la santé sur le web, le HONcode (www.healthonnet.org). Il s’agit d’un système de certification qui valide la volonté d’un site à publier de l’information de santé utile, objective, et correcte.

Mathias Guet

Aujourd’hui, est-on en droit d’exiger la suppression de données personnelles sur n’importe quel site internet ? Plusieurs directives et lois ont été mises en place pour pallier ce problème, mais elles ne sont pas applicables à l’échelle mondiale.

illustration par Marion Boucharlat pour Owni.fr

A l’heure actuelle, plus d’un milliard d’utilisateurs, soit une personne sur sept dans le monde, ont un compte Facebook actif. Twitter compte également plus de 500 millions de membres. Malgré tout, les polémiques sur la confidentialité ne cessent de se multiplier. En ligne de mire : la masse d’informations personnelles stockées sur ces réseaux sociaux et l’absence de contrôle des internautes sur leurs propres données en ligne. Il n’est pas rare, par exemple, pour un recruteur d’aller visiter le profil Facebook des candidats. Il est donc légitime pour les utilisateurs ayant posté des informations personnelles « compromettantes » de vouloir les supprimer.  Pourtant, lorsque l’internaute supprime une photo, par exemple, certes elle n’est plus accessible aux autres utilisateurs, mais le fichier existe toujours, stocké sur les innombrables serveurs de Facebook. Quelles sont les lois qui régissent la sécurité des données personnelles sur internet ?

La protection des données personnelles en France

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), une autorité indépendante nationale française créée en 1978 (loi N°78-17 du 6 janvier 1978), est chargée de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. C’est cette autorité qui est le principal acteur dans la rédaction des lois concernant la protection des données personnelles sur internet. En France, cette thématique relève de plusieurs textes, entre autres la loi du 29 juillet 1881 qui concerne les cas d’infractions de diffamation et d’injure, la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004, ainsi que la loi du 6 janvier 1978 relative à la protection des données à caractère personnel, sans oublier la jurisprudence. Le Sénat de son côté a proposé le 23 mars 2010 une loi qui prévoyait entre autre un droit à l’oubli numérique. Cette proposition de loi n’a, à ce jour, pas encore été examinée par l’Assemblée Nationale.

Attention, ces lois ne sont applicables que sur des sites hébergés en France. Il est donc possible pour un internaute de faire opposition et demander la suppression d’informations le concernant sur un site français. Depuis 1995, le champ d’action de la CNIL s’est élargie avec la création du G29, qui est décisionnaire au niveau de l’Union Européenne.

Le droit à l’oubli en Europe

L’article 29 de la directive du 24 octobre 1995 a institué un groupe de travail des 27 « CNIL européennes »: le G29. Cet organe consultatif indépendant se réunit tous les deux mois à Bruxelles pour élaborer des normes européennes, en adoptant des recommandations quant à la protection des données de la vie privée d’autrui. L’Union européenne a proposé de reconnaître un droit à l’oubli sur Internet. Celui-ci permettrait à un citoyen de pouvoir demander que soient retirées des informations personnelles qu’il a postées, mais également les données le concernant mais dont il n’est pas l’auteur. Or cette directive n’est pas encore en application. Le flou entoure la question, notamment quant à la procédure de suppression des données: suppression massive de données? Automatisation de la suppression avec la mise en place d’une « date de péremption » à laquelle le fichier sera supprimé? La directive devrait être intégrée dans notre droit national d’ici trois ans, mais elle n’est aujourd’hui qu’à l’état de discussion. Il est donc pour l’instant impossible de demander à faire effacer des données de serveurs hébergés hors de la France.

Qu’en est-il des États-Unis ?

La vente de données personnelles est le principal revenu des géants américains telles que Facebook, Twitter, Google ou encore Apple. Les conditions générales d’utilisation (CGU), ces pages interminables, écrites en petits caractères et dans un jargon juridique difficile que nous acceptons généralement sans les lire lors de l’inscription, ont une réelle importance sur la propriété de nos données personnelles et de nos contenus. En effet, en acceptant ces CGU, on accepte également que les données que l’on renseigne sur les sites deviennent leur propriété. Aux États-Unis, aucune loi concernant le droit à l’oubli n’est en vigueur. Il est donc à l’heure actuelle impossible d’imposer à Facebook ou à Google la suppression de données personnelles ou le dé-référencement (suppression de pages ou de sites des index d’un moteur de recherche) de pages contenants des informations sur autrui. Selon les grandes firmes américaines, la suppression de données serait impossible au vu du coût que cela engendrerait, et de la quantité des données à traiter. Ces dernières revendiquent aussi leur liberté d’expression et d’information.

Une question qui fait débat

Les visions européennes et américaines devront bientôt être confrontées au sujet de la liberté de parole et de la vie privée. Or, des deux côtés, chacun campe sur ses positions, et il est très peu probable qu’une loi à l’échelle mondiale soit promulguée pour défendre un droit à l’oubli numérique. C’est pourquoi, en l’absence de réelle protection juridique, la meilleure solution est encore d’user de modération dans la diffusion de ses informations personnelles sur le web.

C’est l’artiste JR qui a remporté le Grand Prix de la e-réputation 2012. Attribué pour la seconde année par l’agence de production de contenu éditorial Smiling People, le Grand Prix de la e-réputation récompense la popularité des artistes sur la Toile, en France et dans le monde. Et le 8 mars 2013, on saura qui est la femme la plus influente sur le web.

JR, c’est un photographe français de 29 ans qui aime exposer ses œuvres en noir et blanc dans la rue. Et depuis octobre 2012, c’est l’artiste français le plus populaire la toile.

Ce sont l’agence Smiling People et la société Zen-Réputation qui ont attribué, pour la deuxième année consécutive, le Grand Prix de la e-réputation. Ce prix, qui a certes pour objectif d’augmenter la popularité de ses créateurs, vise à établir un baromètre de la popularité des artistes sur la Toile. Au-delà du palmarès intéressant, ce prix a le mérite de faire parler de e-réputation de manière positive.

Il est attribué selon des critères bien précis et transparents. Il s’agit d’identifier le degré de notoriété des artistes sur Internet, elle-même étant le fruit des publications mais aussi des remarques et discussions menées par les internautes.Elle prend en compte la cote des artistes sur le marché de l’art et le buzz récent créé autour de leur personnalité. Afin de positionner les artistes contemporains français par rapport aux stars internationales du marché de l’art, ceux-ci ont été sélectionnés en fonction du classement international Artfacts.net et de leur cote officielle. Pour les classer, l’outil de mesure Zen Réputation surveille toutes les informations publiées sur Internet, mentionne le « prénom nom » des artistes ou leur nom d’artiste, associé aux mots clés « art » et « artiste ». La veille porte sur les catégories suivantes : actualités, blogs, commentaires d’articles, images, vidéos, messages courts (du type tweets). Du 1er mai au 30 septembre 2012, la mesure a été effectuée quotidiennement. La liste des artistes est établie par Alexia Guggémos, journaliste et créatrice de l’agence SmilingReputation, et le classement validé par Maître Florent Javillier, huissier de justice, expert en nouvelles technologies.

Qui est JR ?

Photographe JR

Le photographe JR

Personne ne le sait. JR expose ses photographies en noir et blanc librement dans les rues du monde entier, attirant ainsi l’attention de tous, et visant surtout ceux qui ne fréquentent pas les musées. Ses œuvres traitent d’engagement, de liberté et  d’identité.

JR crée « l’art infiltrant » qui s’affiche sur les murs sans y être invité. Il fait souvent participer ses spectateurs en les transformant pour un temps en mannequins ou en artistes. Pour lui, rien ne sépare les acteurs des spectateurs. Ses œuvres ont été transportées à New York, Berlin, Paris, Amsterdam, Los Angeles ou Shanghai. En restant totalement anonyme et ne donnant aucune explication sur ses photos, il laisse aux gens la liberté complète d’interpréter.

JR - Face to Face (2011)

JR - Face to Face (2011)

Qui sont les femmes les plus influentes sur la Toile en 2013 ?

Alexia Guggémos ne s’est pas arrêtée là et a également créé le Grand Prix de la e-réputation des femmes d’influence. Avec son outil de veille, son agence étudie la présence sur le net de 100 femmes qui ont fait la une de l’actualité en 2012 en France. Cinq prix seront attribués : économie, politique, sport, culture et média. Rama Yade s’est distinguée en 2012. Et en 2013 ? Réponse le 8 mars 2013…

Plus d’infos sur le Grand Prix de la e-réputation : http://www.grandprix-ereputation.com

Le palmarès 2012

Le 18 octobre 2012, les résultats ont été annoncés à l’occasion d’une soirée à La Gaité Lyrique à Paris. Ils consacrent le photographe JR, artiste français le plus populaire sur la Toile en 2012.
1. JR
2 Sophie CALLE
3 Yann ARTHUS-BERTRAND
4 PIERRE ET GILLES
5 Pierre SOULAGES
6 INVADER
7 ORLAN
8 Robert COMBAS
9 Gérard GAROUSTE
10 Claude LEVEQUE

Romain Bioulez

Atteindre le million de vues sur Youtube en se mettant en scène, simple coup de chance ou révélation d’un incroyable talent de motion maker ? Le partage de vidéo permet à chacun de faire visionner ses propres contenus riches et créatifs. Est-ce que le web permet de se faire connaître de façon efficace et durable ?

Top 10 Youtube 2011Filmer son chat, uploader la séquence et signer « creative content » semble être un des usages phare du partage de vidéo sur internet. Mais lorsqu’il s’agit de créations originales qui résident à la fois dans l’interprétation, la réalisation et le montage de courts métrages, de documentaires ou de « webzines », le web propose aux amateurs et aux plus expérimentés d’être sur internet ce qu’une chaîne traditionnelle est à la télévision. Si l’on se limite aux individus et organisations qui n’ont pas ou peu de  notoriété publique, la création ou promotion vidéo n’est qu’un bonus avec des retours sans conséquences graves (les gens aiment ou n’aiment pas) à condition de n’avoir pas misé toute sa stratégie de communication dans le buzz vidéo où l’échec serait cuisant.

Exister grâce au videoblogging
Dans la sphère amateur, les motions makers qui ont rencontré le succès tels que « 10 minutes à perdre », « NormanFaitDesVidéos », « RayWilliamJohnson », ou « FreddyWang » sont désormais suivis par des millions d’abonnés, impatients d’attendre le prochain numéro vidéo concocté par ces véritables comédiens 2.0. Grâce à leur créativité et à la facilité de diffusion des contenus, l’audience touchée est telle que la monétisation du nombre de vues sur Youtube devient conséquente, et les sociétés de productions traditionnelles s’arrachent ces nouvelles stars du web. En effet, « Cyprien » sur NRJ12, « Le Palmashow » sur Direct8, « Mickael Vendetta » dans les émissions de télé-réalité, sont des purs produits du web. Quand on connaît l’effet viral que produit une vidéo sur le web on peut considérer que le buzz vidéo est sans aucun doute le point d’entrée le plus puissant pour voir sa e-réputation décoller, qu’elle soit positive lorsque les contenus sont légitimes et de qualité, où négative quand le contenu publié n’est pas maîtrisé ou risible.

Popularité éphémère ou durable?
Mais parler d’e-réputation, c’est aussi parler de construction dans le temps pour constituer son identité sociale. Phénomène de mode ou réelle opportunité de carrière?  Tout est possible sur web à conditions de savoir bien gérer sa notoriété. Et il y en a un qui l’a bien compris, c’est Norman, avec ses vidéos, il a su se créer une réputation sérieuse et solide. Au départ, présent uniquement sur Youtube, il est maintenant sollicité par les chaînes de télévisions et les annonceurs publicitaires. Il est devenu, en très peu de temps, un des comiques préférés des Internautes français et commence  à jouir d’une certaine popularité auprès du grand public. Si certains réussissent à durer dans le temps, ce n’est pas le cas pour tout le monde, nombreux sont ceux qui ont tenté leurs chance et qui n’ont jamais réussi à percer. La multitude de vidéos sur le web et  la vitesse de  la propagation virale peuvent expliquer le fait que parmi le million de vidéos postées chaque jour, peu bénéficient d’une réelle réputation à long terme.

Et pour les entreprises ?
Les entreprises elles aussi s’y mettent, elles ont vite vu le potentiel d’attractivité de la vidéo sur le web ;  toutes essaient de créer le « buzz » afin de bénéficier d’une visibilité maximum pour un budget minimum (du moins pour certains). Ainsi  lib dub, parodies ou encore réelles campagnes créatives foisonnent sur le web. Le but : se différencier de la publicité classique pour se rapprocher des consommateurs. Lauréate, dans le secteur, la société Typex a su profiter de ce phénomène pour lancer une campagne efficace et originale sur Youtube. Dans cette campagne, la firme joue sur l’humour, elle met en scène deux chasseurs sur le point de tuer un ours, la vidéo se coupe et l’on demande à l’internaute d’écrire la suite de l’histoire, les annonceurs ont créé de multiples scénarios répondant à ces requêtes. La réussite d’une telle campagne vient sans aucun doute de sa viralité mais ce n’est pas tout, la créativité des annonceurs et l’interactivité proposée à l’internaute sont les facteurs primordial d’un tel succès. Le web s’annonce une technologie efficace pour promouvoir l’image et les produits d’une marque, cependant elle peut aussi lui nuire et créer un phénomène de crise au sein de la société. Parce-que sur le web, l’internaute est roi et s’il n’est pas d’accord, il va vite le faire savoir. La société Kryptonite, spécialisée dans la fabrication de cadenas, a ainsi été la cible d’un internaute mécontent. Il a publié une vidéo montrant comment ouvrir les cadenas de la société avec un simple stylo bic. La  vidéo a vite tournée et la société s’est vue être obligée de rembourser plus de 10.000.000 dollars à ses clients. Plus qu’un échec commercial, cette vidéo a décrédibilisé la société et son manque de communication s’est répercuté sur son chiffre d’affaires. Les entreprises ont donc plutôt intérêt à soigner leurs e-réputation et en cas de bad-buzz elles doivent être ultra-réactives pour éviter la propagation et redorer l’image de l’entreprise.

Christophe Alcantara, enseignant-chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IDETCOM (Université de Toulouse Capitole), organise le premier colloque international sur l’e-réputation qui se tiendra, à Toulouse, les 21 et 22 mars 2013. Objectifs : faire le point sur les enjeux transversaux et transfrontaliers de l’e-réputation.

Les 21 et 22 mars 2013, à Toulouse, vous organisez du premier Colloque international sur la e-réputation. Quelle est votre définition de la e-réputation ?

Toutes les données laissées par les internautes sur le web, et notamment sur les réseaux sociaux (photos, commentaires, pseudo, adresses IP…), sont enregistrées, archivées et conservées. Toutes ces informations constituent en partie notre identité numérique, qui contribue à construire notre réputation sur internet.

La e-réputation est une expression valise, qui réunit deux notions :

  • La réputation en latin signifie « évaluation », c’est-à-dire l’évaluation sociale des internautes par d’autres internautes
  • Le préfixe « e » renvoie à une dimension marchande, un capital symbolique sur le web avec lequel chacun d’entre nous doit être vigilant, car il peut être instrumentalisé

Cette définition clarifiée, on comprend mieux les enjeux sociologiques, juridiques, voire anthropologiques que revêt la e-réputation.

Quel est l’intérêt d’un colloque interdisciplinaire sur la e-réputation ?

En premier lieu parce que la e-réputation est intrinsèquement interdisciplinaire. Elle concerne à la fois les secteurs informatique, juridique, économique ou sociologique. Et, puis en tant qu’enseignant chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’IDETCOM (Institut de Droit de l’Espace, des Territoires et de la Communication), je travaille avec une équipe de chercheurs de tous ces domaines (juristes, gestionnaires…). Cette question s’est tout naturellement imposée à tous dans nos divers domaines de recherches.

On a donc décidé de fédérer nos savoirs et d’organiser un colloque, piloté par un comité scientifique d’éminents chercheurs sur cette question.

Quels seront les thèmes de ce colloque ?

Quatre axes de réflexion animeront les tables rondes et ateliers :

  • E-réputation : Origine, usages et déconstruction de cette notion émergente
  • Traces numériques et traçabilité
  • E-réputation : Droit à l’oubli numérique, données personnelles et espace public
  • Les dimensions instrumentales de la e-réputation

Pourquoi organiser un colloque à l’échelle internationale ?

Au-delà du caractère transversal de la e-réputation, la dimension internationale nous semble incontournable. Internet dépasse les frontières, et les questions que nous pouvons nous poser autour de la e-réputation concernent d’autres pays, même si les cadres juridiques diffèrent. Par exemple, le droit à l’oubli. Le précédent gouvernement s’est intéressé à cette question, et a annoncé la création d’un droit à l’oubli qui s’est réduit à une simple charte de bon usage. La France ne peut pas statuer seule sur cette question qui concerne tous les pays du fait de la nature globale d’internet.

Nous avons donc décidé d’associer des chercheurs de tous les continents en lançant un appel à communication qui s’est clôturé en octobre dernier. Nous avons recueilli plus d’une centaine de propositions de chercheurs issus d’Europe, d’Amérique du nord, ou encore du Japon. Ce qui prouve que la distance géographique n’est pas clivante quand on s’intéresse à ce phénomène.

Vous avez souhaité ouvrir le colloque aux personnes confrontées à cette problématique au quotidien, pourquoi et comment ?

En effet, nous voulions dépasser le cadre académique. Il me semble que les travaux des chercheurs en sciences humaines et sociales n’ont de sens que s’ils répondent à des interrogations du terrain. C’est pourquoi ce colloque est organisé en étroite collaboration avec le Club de la communication de Midi-Pyrénées et la  Mêlée Numérique. L’idée étant de faire venir des praticiens, des gens qui sont confrontés au quotidien aux problématiques de e-réputation. Ils pourront ainsi témoigner de leurs pratiques et échanger avec des chercheurs.

Pour cette raison, les deux journées du colloque se tiendront à l’université, lieu de la recherche scientifique, ainsi qu’à La cantine numérique de la Mêlée, qui accueillera la Soirée du Printemps de la e-réputation le 21 mars. Cette soirée est conçue comme les First Tuesday, qui réunissent périodiquement des innovateurs et des financiers. Les professionnels et les chercheurs pourront ainsi se rencontrer et échanger.

Des ouvrages seront-ils publiés à l’issue de ce colloque ?

Oui, les meilleures communications seront publiées dans un ouvrage collectif dont la parution est prévue en 2013. Les autres seront réunies dans un e-book accessible gratuitement depuis le site du colloque.

Le Colloque en pratique

Le Colloque international sur la e-réputation se tient les 21 et 22 mars 2013.
Une soirée du Printemps de la e-réputation se tiendra à la cantine numérique le 21 mars 2013, à partir de 18h.
Colloque ouvert à tous, inscriptions sur le site internet du colloque : http://www.e-reputation-lecolloque.org/.
Tarifs : de 70€ à 150€.


Face aux dangers liés à l’utilisation accrue des réseaux sociaux, les assureurs ont flairé le bon filon et commercialisent depuis plusieurs mois des contrats censés préserver notre e-réputation.

En 2011, Swiss Life lance l’une des premières offres d’assurance en France qui met à la disposition des particuliers les moyens à la fois financiers, juridiques et techniques pour les protéger en cas d’atteinte à leur réputation sur internet. Depuis, la formule a fait des émules. Mais que proposent concrètement c es contrats ? On retrouve les traditionnelles informations juridiques par téléphone, la défense des droits de l’assuré par une procédure amiable ou judiciaire.

D’ailleurs pour ces dernières, l’assureur devra juger opportun la démarche et que l’internaute porte plainte contre le responsable. Pas facile quand le responsable n’est pas soumis aux lois françaises ou européennes. Les contenus quant à eux sont l’apanage de sociétés spécialisées. Elles vont se charger de supprimer les données lorsque cela est possible, ou bien de créer du contenu positif et ainsi reléguer en arrière-plan le contenu négatif qui n’a pu être supprimé.
Assurances tous risques ?

Sur le papier, l’offre est intéressante mais en se penchant sur les conditions générales, on décèle des clauses très restrictives. Tout d’abord, l’assureur n’a pas obligation de résultats mais une simple obligation de moyens. Il est vrai que d’indiquer à l’assuré que l’assureur s’engage à effacer toutes les traces serait tout simplement une hérésie.

De même, les conditions d’applications sont également très limitées. Très souvent ces contrats ne vont pas se mettre en place dans le cas où vous étiez d’accord pour mettre le contenu en ligne ou pire si vous en étiez l’auteur. Malheureusement, la majorité des “Bad buzz” commence avec une vidéo postée de son plein gré par l’internaute. Si cela vous arrive dans un contexte professionnel, de la vie associative ou d’un mandat électif, on ne prendra pas en compte l’atteinte à votre e-réputation.
Enfin, les prestations financières paraissent souvent limitées. 5 000 € de prestations dans une société spécialisée ne permet pas de nettoyer sa e-réputation. Le phénomène sera amplifié par le phénomène de latence entre la prise en charge du dossier et la mise en pratique des solutions par le prestataire. Certaines légendes urbaines ont en effet la peau dure. C’est le cas du célèbre hoax sur la société Moët et Chandon qui offrirait des bouteilles aux internautes en guise d’opération de communication.

Demande réelle ou marché de dupes ?

Le public type est évidemment les parents d’adolescents confrontés – et souvent dépassés – par les réseaux sociaux, pour qui il peut être rassurant de se prémunir de dérapages éventuels. Le prix de cette sécurité ? Entre 9 et 13 € par mois, qui plus est souvent noyés dans une offre packagée.
En revanche, ces offres ne s’adressent pas aux professionnels. Cela reste compliqué pour une entreprise de se protéger de propos diffamants, leur principal recours reste donc de déposer plainte.
Enfin, en aucun cas ces produits d’assurances ne pourront se substituer à des services déjà existants mais malheureusement méconnus. La Loi de confiance en l’économie numérique (LCEN) permet de demander à un hébergeur de supprimer du contenu diffamant. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), peut aussi se retourner contre un responsable de site. La seule contrainte est le temps que demandent ces démarches.
Véritable produit d’appel pour les assureurs, les contrats e-réputation manquent de maturité. Effacer le décalage entre les moyens mis en place et la réalité du web est un vœu pieux.

Benoit Meleiro

En termes de e-réputation, le cas des homonymes est bien évidemment un cas d’école. Entre celui qui vous ressemble, celui qui vous incommode et celui qui vous écrase, petite revue d’effectif des solutions dont vous disposez pour une e-existence plus paisible.

Dans la société pré-informatique, la préhistoire si vous préférez, la confusion entre homonymes restait peu fréquente. Au pire, un deuxième ou troisième prénom suffisait à clarifier toute ambiguïté auprès de l’administration. Puis l’ordinateur fut, les câbles couvrirent la planète, les réseaux se multiplièrent et au beau milieu surgit l’Internet. Notre monde se passionna alors pour tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un écran. Il se prit même à penser que, derrière ce miroir, une autre existence était possible, que, dans cette humanité connectée, notre image tenait lieu d’identité, mais d’une identité virtuelle. Il est donc désormais devenu de bon ton de contrôler cette image, ce qui, pour la majorité d’entre nous, consiste à respecter quelques règles élémentaires de prudence. Toutefois, pour certains, leur présence sur le web se heurte à tous leurs autres, les bien-nommés homonymes. Pour ceux-là, pas de panique !, nous allons leur donner quelques conseils pour pallier à leurs difficultés.

Votre homonyme vous ressemble

Non content d’avoir copié votre nom, il réside dans le même secteur géographique que vous, ou pire encore, il exerce une activité proche de la vôtre. Que faire ? Un internaute averti en valant deux, priez pour qu’il ne soit trop tard et, sans plus attendre, bondissez chez votre hébergeur préféré. Là vous y réserverez un nom de domaine suffisamment explicite pour vous identifier sans équivoque.

Ainsi, vous habitez dans la région d’Albi, lui aussi, mais vous êtes pâtissier-chocolatier quand votre homonyme est spécialiste en écoconstruction. Vous ne savez plus quoi répondre aux demandes de devis que vous recevez quotidiennement, et d’ailleurs vous n’y connaissez pas grand-chose à l’ossature bois. Alors un url du type www.nomprenom-patisserie.fr vous dispensera sûrement d’acquérir ce Guide du charpentier.

Autre cas, vous êtes à Toulouse et lui à Berck-Plage, nonobstant, vous êtes tous deux chefs de produit marketing, qui plus est dans des enseignes rivales. Il peut donc arriver que vos interlocuteurs se trompent et voilà un prospect qui s’enfuit vers la concurrence. Pour y remédier, insistez sur votre origine géographique, mettez en avant, d’abord, vos différences, si minimes soient-elles.

Et s’il y a fort à parier que ces solutions ne soient pas pleinement satisfaisantes, encore une fois, dites-vous  que vous avez de la chance, vous et votre homonyme avez quelque chose de très cher en commun : votre nom. Pourquoi ne pas en profiter, alors, pour partager un peu plus ? Contactez-le et, qui sait, vous deviendrez peut-être amis, à la longue.

Votre homonyme est parfois embarrassant

Aïe ! Dorénavant, votre homonyme est fan de Playboy et l’assume. Il anime sous son nom, donc le vôtre, un blog à la gloire des célèbres playmates. Il va de soi que toute action en justice serait peine perdue dans la mesure où celui-ci respecte les cadres de la loi. Après tout, libre à lui d’avoir les goûts qu’il désire, d’en faire part au monde entier, et tant pis si ce ne sont pas les vôtres.

Heureusement, des solutions existent. Si se former au référencement et devenir un as du SEO ne se fait pas en claquant des doigts, il vous sera tout de même possible de submerger l’importun sous une marée d’informations. Créez-vous des profils sur les réseaux sociaux, ils vous assurent, en général, de très bons résultats sur les moteurs de recherche. Associez une photo à votre profil, ce qui vous distinguera de lui et vous permettra, dans le même temps, de contrôler les images de vous circulant sur la Toile.

En résumé, marquez votre différence et ne vous inquiétez pas trop, l’internaute qui vous recherche saura très vite, et de lui-même, trier le bon grain de l’ivraie. Surtout, n’oubliez pas, si votre nom est commun, c’est un avantage, car vous avez une multitude d’homonymes et les informations sont déjà noyées dans la masse.

Votre homonyme prend un peu (trop) de place

Enfin, le cas le plus épineux : vous cherchez du travail et votre homonyme est une célébrité. Si vous avez peu de chance de connaître la même mésaventure que Justin Bieber, cet internaute qui s’est vu supprimer son compte Facebook, il faudra, tout de même, vous faire une raison : vous ne pourrez jamais rivaliser et êtes condamné(e) à demeurer invisible sur le net.

Cependant, vous pouvez toujours mentionner le plus clairement possible les détails de votre profil : diplômes, profession, repère géographique. Et croisez les doigts pour que le recruteur qui vous googlera associe un ou des mots-clefs à votre nom.

Sinon, il vous reste toujours la possibilité de choisir un pseudonyme pour le web, et de communiquer et vous faire connaître sous ce nouveau nom. A moins que vous ne préfériez la solution ultime, aussi appelée la Eric Schmidt, du nom du directeur général de Google. Parfois radical, ce dernier préconise, en toute simplicité, la possibilité pour chaque citoyen de pouvoir changer de nom à sa majorité.

Pierre Hunout

Interview de Juliet : « Ce qui est privé, je ne le partage pas sur Facebook.»

Juliet

Juliet, 16 ans, lycéenne

Juliet a 16 ans, elle est en première et possède, depuis ses 13 ans, différents comptes sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Tumblr. Pour Juliet, comme pour beaucoup d’adolescents, se connecter est devenu un réflexe quotidien. Nous avons échangé avec elle pour connaître sa pratique des réseaux sociaux et sa définition de l’intimité.

Quel type d’informations partages-tu et avec qui?
J’échange des informations uniquement avec mes amis, ça me permet de toujours rester en contact avec eux. Par contre, dans mes contacts, il n’y a que des personnes que je connais. Je partage des photos, des évènements, mes soirées, mes sorties… un peu ma vie ! Mais surtout pas mon numéro de téléphone ou mon adresse.

Quel type de photos partages-tu?
Des photos de voyage ou de soirées, des photos que j’ai prises avec mes amis.

Te donnes-tu des limites dans les contenus que tu échanges ou même dans les photos que tu diffuses ?
J’essaie de choisir des photos qui donnent une bonne image de moi, qui ne sont pas déplacées ou choquantes. Je fais en sorte que rien ne soit compromettant pour moi ou même pour les personnes qui sont sur mes photos. Par exemple, si on fait une soirée où certaines personnes ont bu trop d’alcool, je ne les mets pas ! Par contre je sais que beaucoup ne font pas attention à ça.

As-tu déjà partagé des infos et regretté ensuite de l’avoir fait ?
Oui, une fois sur Twitter je discutais beaucoup avec une fille et je lui avais donné mon numéro de téléphone. Alors elle s’est mise à m’envoyer des messages tous les jours et c’était assez pénible ! Ça s’est réglé facilement puisqu’à ce moment-là, j’ai perdu mon téléphone et j’ai changé de numéro. Mais je ne l’ai plus jamais refait.

T’est-il déjà arrivé de lire ou de voir des choses que tu jugeais choquantes ou compromettantes ?
Oui, pour faire des blagues, il y en a qui s’amusent à mettre les numéros de téléphone des autres sur Facebook.

Tu les avertis dans ces cas-là ?
Non, pour les exemples que j’ai en tête, ce sont des gens que je côtoyais quand j’étais au collège mais je ne les fréquente plus donc je ne leur ai rien dit. Mais je sais qu’il ne faut pas donner les numéros de téléphone.

D’après toi ces données sont accessibles à qui ?
Quand j’ai paramétré mon profil, j’ai essayé de bloquer au maximum mes paramètres de confidentialité, pour que mes informations ne soient visibles que par les personnes que je connais… mais tout le monde a accès à un certain nombre de choses comme la photo sur l’accueil et les informations générales.

Combien de temps penses-tu que ces informations restent sur internet ?
En fait, au lycée, on a eu une conférence là-dessus et on nous a informés sur les risques qui existent sur les réseaux sociaux. Donc je sais que les images que l’on diffuse restent après, mais je ne sais pas du tout combien de temps.

Penses-tu que les réseaux sociaux puissent un jour avoir une incidence sur ton avenir ?
Oui, si demain je passe un entretien, j’ai conscience que le recruteur risque de visiter mon profil, c’est pour ça que j’évite de poster des photos compromettantes.

Quelle est ta définition de l’intimité ?
L’intimité, c’est ce qui est privé, ce qui ne regarde personne. Ce qui est privé, je ne le partage pas sur Facebook.

Angélique Fontaine

Aujourd’hui, avec l’avènement d’internet, une quantité pharaonique d’informations personnelles circulent sur le web, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Ces réseaux attirent de plus en plus l’œil des recruteurs, qui n’hésitent pas à s’en servir pour affiner leurs recherches du « parfait candidat ».

Recrutement et e-réputation

Illustration par E.Chaunu pour Ouest-France

Selon le site ipsos.fr, seuls 4% des professionnels estiment aujourd’hui ne pas éprouver de difficultés à recruter. Parmi les principales raisons évoquées, on retrouve notamment la pénurie des candidats qualifiés ainsi que les contraintes budgétaires liées au processus de recrutement. Pour faire face à ces difficultés, les recruteurs utilisent de plus en plus les réseaux sociaux, qui sont plus rapides et moins chers que les outils de recrutement traditionnels. Une autre raison explique cette tendance : il est possible d’avoir accès à certaines informations personnelles que l’utilisateur ne mettrait pas en avant sur son CV ou lors d’un entretien. Il faut cependant faire la différence entre réseaux sociaux personnels et réseaux sociaux professionnels, où la e-réputation est davantage maîtrisée.

Les réseaux sociaux professionnels

LinkedIn

LinkedIn

Viadeo

Viadeo

• Viadeo et LinkedIn en tête

Viadeo et LinkedIn sont les leaders incontestés des réseaux sociaux professionnels en France, avec pas moins de 10 millions de membres, d’après le site Les Echos Business. Parmi eux, 40% y sont présents dans un objectif de recrutement. Si les fameux « jobboards* » restent encore davantage utilisés aujourd’hui, « ne pas être présent sur Viadeo ou LinkedIn vous placent hors-jeu », avance L’Oréal. Pour les entreprises, les avantages sont nombreux. Elles peuvent optimiser le sourcing de leur recrutement, autrement dit, identifier et contacter les candidats potentiels plus rapidement. En effet, Viadeo et LinkedIn proposent des recherches par secteur d’activité, fonction, entreprise, nom… De plus, ils permettent aux recruteurs de diffuser des offres et de les communiquer à un public ciblé ou, au contraire, plus global. Enfin, autre avantage de taille : les tarifs. La diffusion d’une offre d’embauche coûte entre 50 et 100 euros selon les réseaux, contre plus de 500 euros sur les sites d’emplois traditionnels.

• De nouveaux prétendants

La réussite de Viadeo et LinkedIn a naturellement conduit à l’émergence de nouveaux réseaux sociaux spécialisés. Yupeek pour les jeunes diplômés, Digikaa pour les pros du web, ou encore Agrillink pour le secteur agricole, tous permettent de rentrer directement en contact avec les professionnels d’un secteur d’activité bien défini. Prenons l’exemple de Muxi, inspiré du modèle des confréries. Plus généraliste que les réseaux précédemment cités, Muxi est un réseau social organisé par secteur d’activité (les fraternités) et par métier (les cercles) et basé notamment sur la e-réputation. En effet, un système de réputation est mis en place dans chaque fraternité par l’intermédiaire d’un système de points alloués par les différents membres du réseau en fonction de la qualité des publications. Il est donc primordial de soigner son profil afin d’être le plus crédible possible aux yeux des potentiels recruteurs.

yupeek Digikaa Agrilink

Muxi

Muxi

• Une e-réputation maîtrisée

A l’origine, les réseaux sociaux professionnels ont été créés dans le but de faire du « networking », c’est-à-dire développer son propre réseau professionnel. Leur popularité vient donc avant tout de la richesse des informations accessibles sur ses membres, leurs métiers, ou encore leurs entreprises. Chacun présente son parcours, son projet et partage ses idées avec des personnes soigneusement sélectionnées afin de se construire un réseau de qualité. Ces informations, certes propres à chacun, relèvent tout de même de la sphère professionnelle et n’entachent en rien la réputation de son propriétaire. On parle alors de e-réputation « positive ».

Les réseaux sociaux personnels

• Facebook : véritable mine d’or d’informations personnelles

 
Contrairement aux réseaux sociaux professionnels, les réseaux personnels n’ont pas pour objectif principal de gérer une carrière mais permettent plutôt d’échanger des photos, des actualités, ou simplement de discuter. Facebook, réseau social le plus populaire dans le monde avec 1 milliard de membres actifs, en est un parfait exemple. En effet, avec 300 millions de photos uploadées chaque jour dans le monde et 3,2 milliards de « j’aime » et de commentaires postés, Facebook est une véritable mine d’or d’informations personnelles qui gagne de plus en plus l’intérêt des recruteurs. Selon le site américain Jobvite.com, 92% d’entre eux utilisent les réseaux sociaux pour accéder aux données personnelles de leurs candidats.

• Une e-réputation en danger

 
Aujourd’hui, Facebook, c’est 25 millions de personnes en France. Plus inquiétant : 25% des utilisateurs ne font absolument rien pour gérer leurs paramètres de confidentialité. Cela signifie qu’environ 6,25 millions de français ne savent pas qui peut accéder aux informations personnelles de leurs comptes Facebook. C’est en ce sens que les réseaux sociaux personnels représentent un véritable danger pour leurs utilisateurs. Pour les recruteurs, surfer sur les réseaux sociaux est un donc devenu un moyen de se renseigner et d’avoir accès à certaines informations ou photos que les candidats ne souhaitent en aucun cas partager. Selon une enquête de 2012 de Jobvite.com, voici la liste énumérant les éléments qui rebutent le plus les recruteurs :

-    Références aux drogues (78%)
-    Messages à connotations sexuelles (66%)
-    Jurons et insultes (61%)
-    Fautes d’orthographe et de langue (54%)
-    Consommations excessives d’alcool (47%)
 
Attention également à ne pas décrier son employeur actuel, cela fait mauvaise impression. Les propos racistes, sexistes et politiques extrêmes sont quant à eux rédhibitoires. Enfin, les appartenances à des groupes déviants sont également à éviter.

Alors que nous vivons dans un monde constamment connecté au web, notamment par l’intermédiaire des réseaux sociaux, il est devenu impératif de bien gérer ses paramètres de confidentialité. Dans le cas contraire, les recruteurs en profiteront pour vous espionner et cela pourrait bien vous coûter une place dans une entreprise.

* Site internet dédié au recrutement de salariés

Fabien Vauléon

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