Comment le droit à la déconnexion est-il vécu par un free-lance, et est-il respecté ?

Il est difficile de concilier vie privée et vie professionnelle, surtout depuis l’émergence des métiers du numérique. Le droit à la déconnexion a été d’abord appliqué en France pour résoudre ce problème. Ce droit doit être normalement respecté dans les entreprises de plus de 15 salariés mais comment les free-lances vivent-ils leur profession au quotidien ? Bérengère Fabre, Community management en free-lance, nous éclaire sur le sujet.

Interview du 17/11/2018

Interview de Melle Bérengère Fabre 

« Ce métier demande un certain investissement »

1/ Parlez-nous de votre parcours professionnel ?

Au début j’étais militaire de la gendarmerie, puis je me suis reconvertie en intégrant l’école « TUNON », en Bachelor 3 spécialisé en relations publiques, événementiel et communication. En parallèle, j’ai conçu un blog de diverses actualités « les culottées » dans lequel j’ai créé des boîtes pour offrir une visibilité depuis mon blog à des petites et moyennes entreprises (PME). Quelques temps après mon essor, une célèbre illustratrice, a nommé son site « les culottées » et a engendré par conséquent la chute du référencement de mon blog. Un coup dur sur le lequel j’ai rebondi en me lançant en free-lance dans la communication digitale (réseaux sociaux, écosystème numérique).

2/ Que faites-vous au sein de votre métier ?

Chef de projet, je travaille à rendre visible les entreprises sur le web grâce au Community management, à la création de site web, à des techniques de SEO, etc… Je mets en place des stratégies webmarketing pour les aider à déployer leurs ailes sur internet en définissant leurs besoins.

3/ Quels sont vos clients ?

J’apporte mon expertise à plusieurs entreprises. Mes clients sont généralement des TPE/ PME, je travaille plus rarement avec des entreprises de plus de 10 salariés.

4/ Comment vivez-vous votre emploi au quotidien ? (Condition de travail/ horaire/ mobilité)

Dans mes premières années de freelancing je travaillais de chez moi, avec très peu de temps libre. Aujourd’hui, je peux travailler dans des locaux d’un de mes clients, ce qui me donne un rythme de travail, et me rend plus productive. Pour gérer mon temps, je fais appel à des outils de planification, mais je reste maître de mes horaires. Concernant la mobilité, je préfère me déplacer chez chaque nouveau client afin de conserver une dimension humaine et me faire mon propre avis sur l’entreprise.

« Aujourd’hui je récolte le fruit de mes efforts »

5/ Est-il compliqué de faire la part des choses entre vie privée et professionnelle ?

Il est bien évidemment compliqué de concilier les deux surtout lorsqu’on est free-lance et encore plus quand on travaille de chez soi. Dans mon métier, j’ai besoin de faire une veille régulière afin de me tenir informée de cet écosystème numérique en constante évolution.

6/ Êtes-vous sollicitée pendant vos congés et le week-end ?

Il arrive que des clients souhaitent une publication le week-end ou encore que j’ai à gérer une communication de crise, il me faut donc être disponible. L’été est une période creuse, c’est pourquoi il est nécessaire de compenser sur d’autres périodes.

7/ Avez-vous songé à arrêter votre emploi à cause du manque de lâcher prise du numérique ?

Il est vrai que ce métier demande un certain investissement, c’est épuisant parfois. Il m’est arrivé d’avoir des « coups de mou » surtout la première année, mais je ne suis pas du genre à me décourager, je suis quelqu’un de déterminé. Et non je ne songe aucunement à arrêter cet emploi, aujourd’hui je récolte le fruit de mes efforts.

8/ Vous aménagez-vous du temps libre ?

Oui bien sûr, je conserve des activités externes et d’ailleurs cette année j’ai pu enfin prendre de vrais vacances en déléguant mon travail en cours à une collaboratrice en échange de bon procédé. Lorsque je pars je me coupe entièrement du numérique pour faire une réelle pause.

9/ Le droit à la déconnexion est-il appliqué dans les TPE et PME pour lequel vous travaillez ?

Pas à mon sens, car les employés n’en ont pas besoin, ils respectent d’eux même leur plage de travail, ils ont leurs week-end et ne subissent pas de pression à ce niveau-là. Ce phénomène s’applique plus aux grandes entreprises et au freelance ou le problème peut réellement se poser.

10 / Auriez-vous des conseils à transmettre aux personnes en free-lance pour préserver leurs vies privées ?

Mon conseil serait de ne pas se lancer au pas de course et ne pas donner toute son énergie dès le début. Il est vrai que nous sommes tentés, car nos projets nous tiennent à cœur mais il faut savoir s’économiser. C’est un métier où l’on s’essouffle vite. Il est également très important de savoir s’entourer de personnes de confiance, créer son réseau est la clé de la réussite. Le freelancing est à mon sens une course de fond plus qu’un sprint.

Merci infiniment à Bérengère Fabre pour nous avoir ouvert les portes de son quotidien professionnel.

 

Mélanie Calleja

https://melanie-calleja.fr

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