Connexion automatique et compte lié avec Facebook : qu’advient-il de nos données ?

La connexion automatique via Facebook Connect : rapide, simple, efficace, elle a tout pour plaire

https://www.blablacar.fr/register

Mais qu’est-ce que Facebook Connect exactement ? D’un simple clic, on peut désormais créer un compte sur de nombreux sites grâce à l’API Facebook. Il s’agit d’un outil adapté aux internautes, cherchant à atteindre leur objectif de navigation toujours plus rapidement et simplement. Il faut admettre que la fonctionnalité est attrayante : un seul login et mot de passe à retenir (ceux de Facebook), des formulaires interminables remplacés par un simple clic…

Qui plus est, si vous avez coché la case “Se souvenir de moi” lors de votre connexion à Facebook, vous n’aurez même pas à vous souvenir d’un seul mot de passe. Vous serez alors connecté automatiquement à tous vos sites préférés sans aucun effort. Rapide, simple et efficace.

 

Une fonctionnalité de plus en plus présente

Facebook Connect, 1ère API de connexion automatique.

 

On retrouve cette API sur de très nombreux sites web et applications de domaines très divers. Lorsque cette fonctionnalité est proposée, on remarque qu’elle est sensiblement mise en avant par rapport à la création “classique” de compte. Bien évidemment, cette mise en avant n’est pas anodine : l’internaute lambda est “pressé et fainéant”. Il clique et/ou il zappe. On peut notamment faire un parallèle avec les diverses Mentions Légales et autres “Lu et approuvé” que tout un chacun coche sans vraiment les lire. L’internaute choisit de ne pas s’en informer et donc de potentiellement les “subir” en les acceptant tout de même.

Il faut dire aussi que (quasiment) tout le monde a un compte Facebook (près de 2 Milliards d’individus utilisent Facebook chaque mois dans le monde, pour 33 Millions en France [1] ). Facebook Connect est donc l’API la plus pertinente à mettre en place.

 

Le modèle économique bien connu de Facebook : la revente de données

3.69 Milliards de dollars : c’est ce qu’a encaissé ce géant du web en 2015 [2].

Cette somme astronomique est principalement due à la revente de données personnelles pour des publicités personnalisées. Rien de nouveau sous le soleil, Facebook revend copieusement les informations qu’on lui donne en échange d’un accès au premier réseau social mondial.

Lors de l’inscription sur Facebook, il est d’ailleurs clairement stipulé “C’est gratuit (et ça le restera toujours)”, or comme chacun sait “Si c’est gratuit, vous êtes le produit”.

 

Le croisement des données : les nouvelles cités d’or

Un véritable commerce de données personnelles existe [3]. Ce qui rapporte le plus cependant ce sont les données croisées, c’est à dire les données liées entre des profils de 2 bases de données (Facebook et Spotify par exemple). Ce croisement entraîne un enrichissement de vos informations et de fait une augmentation de la valeur des données.

Concrètement, si un site revend vos données nominatives (nom, prénom, adresse mail), admettons pour l’exemple qu’il peut gagner X €.

Dans le cas de Facebook, il va revendre des données personnelles plus complètes selon ce que vous lui aurez donné (données nominatives + religion, opinion politique, orientation sexuelle, likes, liste d’amis, préférences et goûts…) et gagner X*2 €.

Dans le cas de données “enrichies”, Facebook lié à Spotify par exemple (données nominatives + données complètes + liste des musiques écoutées cette semaine), il est alors possible de cibler bien plus précisément votre humeur/comportement du moment, de cibler des publicités plus adaptées et ainsi d’orienter votre comportement de consommation. A la clé, on y gagne X*3 €.
Imaginez ensuite Facebook lié à Spotify, Candy Crush, Instagram , BlaBlaCar… et arriver à X*6€.

 

Privilégier la sécurité à la facilité

La connexion automatique avec Facebook pouvant entraîner la transmission de données personnelles assez pointues, il est recommandé de prendre quelques précautions vis-à-vis de celle-ci :

  • Privilégier une création de compte par adresse email plutôt qu’une connexion automatique, pour limiter la collecte de données et désamorcer à son échelle leur commerce.
  • Changer régulièrement de pseudo/identifiant, pour endiguer le croisement de données, l’augmentation de leur valeur et donc de leur trafic.
  • Créer un compte Facebook fantôme, pour utiliser la connexion automatique.
  • Envisager de désactiver Facebook Connect sur votre compte personnel, pour éviter tout problème [4].

 

Pas de paranoïa pour autant, Bill Gates nous dirait qu’ “Un ordinateur en sécurité est un ordinateur éteint. Et encore…”. Le principal étant comme toujours  de s’informer pour savoir ce que l’on fait et dans quel cadre on évolue.

Pierre Cattelin

 

 

[1]http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/06/27/facebook-passe-la-barre-des-2-milliards-d-utilisateurs_5152063_4408996.html

[2]https://www.usine-digitale.fr/article/qui-doute-encore-du-modele-economique-de-facebook.N376199

[3]https://www.meta-media.fr/2015/06/18/quelle-valeur-donner-a-la-data.html

[4]https://www.blogdumoderateur.com/desactiver-la-connexion-facebook-avec-les-applications-et-sites-externes/

[5]https://www.techlicious.com/blog/should-you-use-facebook-or-google-to-log-in-to-other-sites/

[6]https://www.frenchweb.fr/donnees-personnelles-les-5-infractions-que-la-cnil-reproche-a-facebook/227400

[7]https://www.lesechos.fr/09/02/2016/lesechos.fr/021683455153_vie-privee-des-utilisateurs—facebook-somme-de-revoir-ses-pratiques-en-france.htm

Menu Principal