Data-boom

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En 2015, chaque minute à travers le monde, 204 millions de mails sont envoyés, 4 millions de recherches Google sont effectuées et 2,46 millions de contenus sont partagés sur Facebook. Le numérique est omniprésent, le monde de plus en plus connecté. Cette ultra-connectivité génère des données numériques massivement collectées et stockées : c’est le principe du big data.

2,5 quintillions de données personnelles sont collectées chaque jour via nos ordinateurs, tablettes, smartphones, sur les réseaux sociaux, les blogs, les appareils connectés (90 % des données existantes actuellement dans le monde ont été créées au cours de ces deux dernières années). Leur gestion nécessite désormais l’utilisation de nouveaux outils. Le big data gère cette quantité massive de données et ses perspectives de traitement énormes sont encore en partie insoupçonnées. De par sa complexité le big data a donc un caractère fantomatique.

Donner du sens aux datas

Les données récoltées en masse doivent être avant tout stockées. Ensuite elles sont ordonnées et triées : c’est la data analyse. La vocation première du big data est donc de donner du sens à ces données. Cela est rendu possible par l’utilisation d’algorithmes complexes et originaux qui vont produire de la valeur à partir d’informations variées et volumineuses. Associée à la puissance d’un ordinateur la donnée est capable de prédiction. C’est là tout son potentiel.
Mais peut-on réellement parler de prédiction ? Le big data ne serait-il pas simplement un outil statistique très puissant permettant d’établir des tendances ? Lorsqu’un météorologue émet une prévision, celle-ci peut s’avérer erronée. On ne parle pas de prédiction mais bien de prévision ou de probabilité. Or le big data se positionne comme un instrument de prédiction. Finalement, de la même façon qu’internet il y a 25 ans, le big data semble relever du mythe.

Par la richesse de ces algorithmes, le big data donne l’occasion d’innover et ouvre de nouvelles perspectives économiques, sociales ou politiques. Il questionne notre avenir et nous pousse à penser autrement. Une des capacités du big data est de fournir la bonne information, au bon moment à la bonne personne. C’est en ce sens qu’il peut, par exemple, influencer notre façon de vivre au quotidien. Une application, exploitant les big data (comme il en existe déjà), pourrait devenir une sorte d’assistant connaissant nos habitudes, nos envies et capable d’anticiper nos désirs et de prendre des initiatives.

Avec une telle puissance, ne devons-nous pas craindre le big data et l’utilisation qui peut en être faite ? Certes les données sont collectées, traitées et analyser par des systèmes machines, de manière objective. Mais c’est bien l’Homme, en créant des algorithmes, qui donnent une utilité, une valeur et une finalité à ces données. Les intentions de chacun sont différentes, les terrains d’application du big data le sont aussi. Certains l’utilisent en marketing pour accroître les bénéfices de leur entreprise, d’autre pour interconnecter et rassembler des communautés… Les possibilités sont considérables, multiples et encore mystérieuses.

Trois exemples du big data

Afin de mieux comprendre ce système et d’appréhender de façon pratique son utilité, voici trois exemples de sociétés montrant quelques-unes des possibilités offertes par le big data.

HealthMap, la prédiction des épidémies

La société HealthMap est spécialisée en big data de santé. C’est un outil de cartographie en ligne développé par des chercheurs de l’hôpital pour enfants de Boston et de l’université d’Harvard (2006). Son but est de détecter les épidémies naissantes, comme le chikungunya, le paludisme et plus récemment le virus Ébola. HealthMap se sert des données massivement collectées sur les réseaux sociaux, les blogs, les sites gouvernementaux et les organisations de santé internationales. Le traitement et l’analyse de ces données servent à établir une sorte de prédiction des potentielles épidémies en développement. Cet outil peut ainsi permettre aux gouvernements et à l’OMS de prendre des mesures rapides, ciblées et préventives pour empêcher une propagation foudroyante de certaines épidémies.

Reminder, le « Netflix du recrutement sur internet »

Mouhidine Seiv fonde Reminder, une start-up spécialisée dans la recherche d’emplois, conçue selon un modèle similaire à Netflix. « J’aime la façon prédictive avec laquelle Netflix recommande des films qui correspondent parfaitement à nos goûts, mais que nous ne connaissons absolument pas. J’ai donc pensé qu’il fallait créer un Netflix du recrutement sur Internet. », (Mouhidine Seiv). Grâce au big data et à des algorithmes complexes et précis, Reminder est capable de « matcher » des offres d’emploi et des candidats. « Le modèle mathématique de Reminder se fonde sur l’analyse de plusieurs millions de parcours types pour fournir les bonnes recommandations. Cette solution permet aux entreprises d’entrer directement en relation avec un public très ciblé. Notre algorithme va calculer le taux de compatibilité offre/candidat, et évaluer automatiquement les candidatures par ordre de pertinence pour le recruteur. », (Mouhidine Seiv).

Qualisteo, l’« énergie » du big data

Qualisteo, créée fin 2010, est une start-up spécialisée dans le domaine des réseaux électriques intelligents ou « smart grid ». La société mesure et analyse les consommations électriques de sites industriels et tertiaires grâce à un boîtier, le « Wattseeker », capable de reconnaître différents appareils électriques (chauffage, climatisation, informatique, compresseurs…). À partir de ces données collectées, qualifiées et interprétées, les entreprises peuvent agir pour réduire leurs consommations énergétiques.

La puissance des big data permet donc de traiter, entrecroiser et analyser des données collectées en masse. Une utilisation intelligente de toutes ces données permet de proposer des solutions à des problèmes variés dans une multitude d’activités : la santé, les ressources humaines, le marketing, l’écologie, la météorologie, l’agriculture, ou encore la sécurité et la lutte contre la criminalité.
Le big data, grâce à son potentiel et à ses capacités, est donc probablement l’un des enjeux majeur de ces dix prochaines années.

Claire Palumbo

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 Source : blogdumoderateur.com/chiffres-internet/

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