Enfants et objets connectés : dangers et impact psychologique.

A l’heure de l’hyper connectivité, et dans une société qui tend vers l’ultra sécurité, les enfants sont de plus en plus sollicités par les objets connectés.
Quelles sont les conséquences de ces nouveaux usages dans la vie des enfants d’aujourd’hui ?

On parle souvent des données des enfants laissées sur les réseaux sociaux par leurs parents ou par eux-mêmes vers l’adolescence.
Est-ce la seule manière dont les enfants sont exposés sur le web ? Est-on vraiment conscient de toutes les traces numériques que nous laissons à leur sujet ?

Des objets connectés ciblés pour les enfants

Les jouets connectés existent sous de nombreuses formes, pour touts les âges et tous les goûts.

Des jouets pour tous les âges et tous les goûts

De la poupée interactive à la guitare électronique avec application mobile, en passant par le robot connecté, les enfants disposent de tout un panel de jouets.
Avec une commercialisation importante sur la période de Noël, ces jouets approvisionnent les magasins spécialisés, supermarchés et sites de e-commerce toute l’année. Leur objectif premier est le divertissement mais certains ont aussi un but éducatif.

Des accessoires censés assurer une meilleure sécurité

Les enfants sont aussi la cible du développement d’objets connectés ayant pour objectif leur sécurité. On retrouve dans cette catégorie les vêtements connectés comme la doudoune munie d’une balise GPS vendue par Gemo en 2014, ou les montres connectées.
Ces nouveaux accessoires rassurent les parents. Une application leur permet de suivre à distance les déplacements de leur enfant, voire même de les écouter ou de communiquer avec eux pour les montres les plus sophistiquées.
Alors que les concepteurs et les distributeurs y voient un nouveau marché, les parents y trouvent un sentiment de sécurité et souvent une alternative au smartphone, plus coûteux et inadapté pour les jeunes enfants.

Montres connectées censées assurer la sécurité des enfants.

Des objectifs de sécurité qui compromettent les données des enfants et les exposent à un danger direct.

La cybercriminalité est le premier danger auquel les enfants sont exposés par le biais des objets connectés.

Certains d’entre eux étant accessibles en bluetooth à une portée d’une dizaine de mètres, on identifie facilement le risque de prise de contrôle de l’objet. Le risque majeur est la manipulation de l’enfant via le micro par une personne malveillante. C’est finalement la famille entière qui est exposée avec les écoutes, caméras et autres capteurs.
Un autre danger réel est le recoupage des informations collectées sur les enfants par l’intermédiaire de ces objets.

Les montres ou vêtements connectés connaissent aussi des failles de sécurité. Le plus anodin des trajets domicile-école peut devenir une véritable source de renseignement pour un individu mal intentionné. Rien de plus facile alors pour pister un enfant.

Des failles de sécurité importantes permettent de recouper les données sensibles des enfants

Au-delà du danger de la cybercriminalité, les enjeux psychologiques sont importants.

Le fait de pouvoir localiser son enfant en temps réel est véritablement rassurant pour les parents, surtout lors des premières prises d’autonomie.
En revanche pour l’enfant on crée un sentiment de danger permanent hors des « zones de sécurité » définies. Comment peut-il alors prendre confiance en lui et en son environnement ? Cela constitue un frein à son autonomie.
On observe aussi des lacunes dans la construction identitaire de ces enfants : la prise de risque du fait de faire un détour ou arriver en retard fait partie de la construction et l’affirmation de l’identité par l’expérimentation. Il est mauvais pour l’enfant de le priver de ses premières prises d’indépendance.
Avec la montre connectée le parent peut aussi écouter l’enfant à son insue. Qu’il s’agisse de situations positives ou négatives, cela constitue un manque de liberté et une entrave à la vie privée de l’enfant.
Michaël Stora, psychologue et spécialiste des mondes numériques, parle de  » Big Mother et Big Father. »

Enfin, un risque important, bien que peu considéré, est l’altération de la relation de confiance censée se construire entre parents et enfants. L’objet connecté apparaît alors comme une « laisse
numérique ».

Peut-on se prémunir de ces nouveaux dangers ?

Le premier élément à prendre en considération est que les parents ne sont pas toujours conscients
des failles de sécurité de ces objets connectés. Il semble important d’opérer d’abord une sensibilisation dans ce sens.
De plus, il n’existe pas de texte qui règlemente la mise en ligne des données personnelles des enfants. Le RGPD garantit la protection des données seulement après leur mise en ligne. Il ne prémunit pas non plus contre les failles de sécurité.
Enfin, en France, contrairement à l’Allemagne, ces objets connectés sont autorisés en faisant appel aux seules mesures de protection prises par le constructeur. L’objectif invoqué étant de ne pas freiner l’innovation.
A l’heure où l’intelligence artificielle entre dans les maisons, avec les questions que cela suscite en termes d’écoute et de surveillance visuelle, veut-on prendre le risque de voir exposer le quotidien des mineurs ?

 

Florine Dumestier

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Sources :

https://www.wedemain.fr/Montres-connectees-pour-enfants-quand-la-surveillance-parentale- devient-abusive_a3156.html

https://www.clubic.com/mag/sport/actualite-726585-gemo-blouson-enfant-balise-gps-integree.html

https://www.rtl.fr/actu/futur/les-jouets-et-montres-connectes-sont-dangereux-pour-les-enfants- 7791040800

http://www.omnsh.org/michael.stora https://www.etpourquoipascoline.fr/2017/10/jai-teste-kiwipwatch-montre-connectee-enfants/

https://www.wedemain.fr/Maman-y-a-un-hacker-dans-ma-poupee-ces-jouets-connectes-accuses-d- espionnage_a2551.html

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/04/2697713-attention-danger-deux-jouets-stars-noel- peuvent-espionner-enfants.html

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