Enquête sur l’usage des réseaux sociaux

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Un processus d’intériorisation à l’oeuvre sur les réseaux sociaux

La question fut au départ très générale, « qu’est ce que l’e-réputation ? ». Les pressions qui s’exercent sur l’e-réputation, à travers l’identité numérique, impliquent des formes d’adaptation et des mécanismes de protection. Toutes les composantes de l’e-réputation reposent sur un élément fondamental, la confiance que les internautes ont à l’égard des plateformes web et de leurs utilisations des données personnelles. Nous avons pu observé dans cette pré-étude que les usagers des plateformes web 2.0 mettent en place des stratégies de visibilité pour atteindre leurs objectifs tout en essayant de réduire les effets négatifs dont ils peuvent avoir conscience.

Cet article est la synthèse d’un travail de recherche de 3ème cycle ( Master 2 Recherche) en Sciences de l’Information et de la Communication réalisé sous la direction de Christophe Alcantara, enseignant-chercheur à l’ Université Toulouse 1 Capitole.

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73 personnes ont répondu à l’enquête administrée en ligne via les réseaux sociaux.

Plus de trois quarts estiment que le web et les réseaux sociaux sont un progrès pour la société. Une réponse nuancée 

Le web et les réseaux sociaux sont considérés comme un progrès technologique mais avec des effets négatifs que ce soit à titre individuel ou collectif, qui mettent en tension la superficialité et le manque d’authenticité des relations et également les menaces de cybercriminalité.

L’utopie « communicationnelle » à l’œuvre

La vision du progrès associé aux web et aux réseaux sociaux est emprunte de déterminisme technologique. Le mythe d’Internet est à l’œuvre à travers des représentations de la réalité mythifiées : réduction des distances géographiques, savoir accessible à tous, solidarité et paix dans le monde.

La rapidité de l’accès à l’information et l’accès du média au niveau planétaire propose le vécu d’une société plus transparente et plus libre. Le développement de ces nouvelles technologies donne le sentiment qu’ils influent sur la société en la transformant en une société plus transparente, plus libre et plus ouverte. Dans le discours rhétorique la technique est le pendant de la liberté acquise.

Le mythe du progrès technologique est à l’œuvre à travers Internet avec l’utopie d’un monde en paix grâce à la libre circulation de l’information. Le web est considéré comme un catalyseur de solidarité et de liberté.

Le partage d’informations, une composante de l’amitié sur Facebook

Elles complètent et propose une alternative complémentaire dans une relation intime. Une forme d’intimité est entretenue via les réseaux sociaux qui permet aux internautes de prolonger des amitiés déjà existantes ou d’avoir le sentiment d’en créer des nouvelles. L’amitié, dans ce contexte, est une notion affective liée au partage de l’information. On partage de l’information avec un « ami » sur facebook. La notion d’amitié et corrélée dans les discours à la notion de partage d’informations. Ainsi, un ami est défini comme étant un individu auquel l’internaute donne un droit d’accès à ses informations qu’ils jugent privées. Il y a une contrepartie dans la mesure où cet accès est réciproque. Pour aller plus loin dans ce raisonnement, on pourrait dire qu’aucune page Facebook ne ressemble à une autre, comme le décrit Antonio Casilli, c’est un espace de vie convivial dans lequel les internautes souhaite inviter leurs « amis ». Le terme « ami »peut désigner des amis, des membres de la famille, des connaissances et toute personne avec qui l’internaute souhaite coexister au sein de sa page et lui donner accès à sa vie privée.

L’identité numérique, trois facteurs de stress

Perte de contrôle

Le contrôle de soi implique la possibilité de pouvoir réguler ce qui compose un stress dans la vie de tous les jours. Or, sur les réseaux sociaux, ce contrôle n’est plus possible du fait de la distanciation impliquée par l’aspect technique du système.

Regard des autres

Le besoin de validation par les autres. Ainsi le regard des autres sur soi compose le deuxième grand facteur de stress après la perte du contrôle. La dynamique de l’e-réputation est liée à l’interaction avec les autres car ce sont eux qui commentent, partagent et postent des informations en contribuant ainsi à la viralité de vos informations. En soi le dynamisme de son identité numérique va dépendre de l’interaction avec les autres.

Intrusion dans la vie privée

Enfin, le troisième facteur de stress dénonce le caractère intrusif du réseau social. La majorité des internautes se connectent plusieurs fois par jours, interagissent régulièrement via les réseaux sociaux totalement impliqués dans leur vies quotidiennes que ce soit à titre personnel ou professionnel. Le système recompose le monde virtuel que l’internaute souhaite se construire en le « forçant » à accéder à des informations qu’ils jugent indésirables et inutiles.

 

Ghislaine ABBASSI

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