La domotique, un avatar de la colonisation numérique ?

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Qu’est-ce que la domotique ?

« La  « domotique » est l’ensemble des techniques de l’électronique, de physique du bâtiment, d’automatisme, de l’informatique et des télécommunications, utilisées dans les bâtiments, plus ou moins « intéropérables », et permettant de centraliser le contrôle des différents systèmes et sous-systèmes de la maison et de l’entreprise. La domotique vise à apporter des solutions techniques pour répondre aux besoins de confort, de sécurité et de communication que l’on peut retrouver dans les maisons, les hôtels, les lieux publics…»

(source wikipédia)

Quels sont les enjeux de la domotique ?

Actuellement la domotique est basée sur la mise en réseau de différents appareils grâce à une interface informatique (hardware et software) réunissant différents matériels qui peuvent interagir et fonctionner entre eux. Cette interface peut être fixe (dans la maison) ou mobile (smartphone par exemple) et permet le pilotage, via le réseau local ou une connexion Internet, de tout ou partie des fonctions domotiques. Le pilotage à distance permettant de faire ainsi face quasiment en temps réel à toutes sortes de situations.

Les systèmes les plus évolués mettent en jeu des capteurs : l’interface étant alors capable, via les informations collectées, de mettre en œuvre de véritables scénarios.

Le mode de transmission des données ou ordres se fait soit par ondes radios hertziennes, infrarouges, soit par du courant porteur secteur, ou encore par signatures numériques magnétiques ou par réseau câblé.

La domotique porte-t-elle atteinte à la santé et à la sécurité des personnes ?

Différents procédés plus ou moins fiables voient le jour en ce qui concerne la santé et la sécurité des personnes. Cette téléassistance passe pour l’essentiel par un médaillon, une montre ou une télécommande que la personne (âgée ou à mobilité réduite) actionne en cas de chute par exemple. L’alerte tombe alors sur un service de téléassistance qui va tenter d’entrer en contact à distance avec la personne pour évaluer la gravité de la situation, si tant est que la personne n’ait pas perdu connaissance bien entendu. Dans ces termes, ces dispositifs sont loin d’être infaillibles même s’ils apportent une qualité de vie non négligeable, sachant que 79% des appels sont à caractère involontaires ou techniques (source AFRATA 2008).

Le projet « Giraff »

Actuellement en test en Europe, le but du dispositif est de permettre un suivi quotidien des personnes âgées afin de leur apporter un sentiment de sécurité et un lien social intergénérationnel à travers l’écran et la webcam d’un robot.
Le projet combine la robotique à la domotique : plusieurs capteurs sont placés dans différents endroits stratégiques du domicile pour prévenir les chutes, d’autres permettent de déterminer la pression sanguine ou encore le rythme cardiaque. Ces capteurs envoient des alertes aux professionnels de santé en cas de problème ou de situation anormale et sont reliés à un logiciel qui permet même de suivre les déplacements et les activités quotidiennes de la personne.

Dans le domaine de la sécurité, on mobilisera de ce fait moins les forces de l’ordre par un transfert de compétences vers des sociétés privées. Ce au bénéfice du citoyen car les forces de l’ordre peuvent alors concentrer leur ressources humaines et techniques vers leur cœur de métier.

Le fait de maintenir à domicile et en sécurité toujours plus de séniors, de personnes à risques ou de personnes à mobilité réduite est un bénéfice important tant sur le plan sociétal qu’économique ou environnemental.

Risques du piratage ?

Ces évolutions posent néanmoins toujours le problème de la protection des données de la vie privée par le piratage des données ou des infrastructures mises en place via les ports de communication : neutralisation des capteurs, espionnage au travers du réseau de caméras.

David Jacoby décrit sur son blog comment il a réussi à pirater sa propre maison.
Son témoignage est édifiant et son expérience et conseils sont à retenir !

La domotique avatar de la colonisation numérique ?

Nous répondons : OUI !

En effet, c’est par les technologies des TIC et la naissance des objets connectés qu’existe la domotique. Comme pour l’ensemble de l’écosystème du numérique, la domotique porte sensiblement les mêmes bénéfices et risques. Il sera donc crucial d’intégrer une démarche éco-responsable, tant en terme d’utilisation des ressources, que de durabilité et de sécurité des systèmes, en veillant à rester dans le cadre législatif quant à l’utilisation des données collectées (big data).

Egalement, Colin Angle, président d’irobot et gourou de la robotique répondait, en Mars 2011 :« Les robots pourraient devenir la prolongation d’un appareil mobile et être contrôlés à distance » (source : le point.fr, 23/03/2011, article à lire en intégralité ici).

Nous constatons que cette prophétie est devenue une réalité technique mais si on prend le taux d’équipement moyen en robots aspirateurs en 2014 on constate que seuls 10% des foyers français sont équipés contre 90% avec des aspirateurs traditionnels (source : data.gouv.fr, taux d’équipement robots aspirateurs, 17/02/2014).

Nous voyons donc, à travers cet exemple, que même si la domotique et par extension la robotique sont des avatars techniques du numérique, les usages de ces technologies ne sont pas encore ancrés dans la société.

Sylvie DA SILVA

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Gaël GUYADER

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