La mise en scène de soi sur le web: les nouvelles frontières de l’intime et du personal branding

Personal Branding

Avec le web 2.0 et l’essor des réseaux sociaux principalement, la magnification de son image pour approcher la perfection est devenue une obsession chez l’individu. Ce que l’on a tendance à oublier c’est que maîtriser son image c’est avoir avant tout la possibilité de choisir ou non de se dévoiler soi et son intime. Mais l’obsession de notre image peut détruire notre identité. Le personnal branding ne permettrait donc pas à l’individu une meilleure gestion de son identité numérique. Il déclencherait parfois au contraire un trouble dans la construction de celle-ci.

Qu’est-ce que le personal branding ?

Le personal branding (qu’on pourrait traduire par « marque personnelle ») est une pratique qui consiste à promouvoir un individu et son image par le biais des techniques marketings et publicitaires utilisées habituellement pour promouvoir une marque. En d’autres termes, le personal branding est une démarche de « mise en visibilité de soi » qui passe d’abord par la nécessité d’identifier sa propre valeur ajoutée. C’est à dire ce que chacun a de différent et d’unique à proposer à un employeur.

Avec l’émergence du Web 2.0, cette méthode a trouvé une nouvelle dimension dans le cadre de la gestion de l’identité numérique, de la notoriété en ligne et de la réputation numérique. L’idée est de rendre cohérent sa présentation, son parcours professionnel, ses expertises, avec les traces numériques qu’on trouve en tapant son nom dans un moteur de recherche : sites, articles, profils dans les réseaux sociaux, commentaires, etc.

Le personal branding a pu se développer grâce à la possibilité d’utiliser des moyens simples comme les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn et autres), les blogs, pour publier facilement du contenu sur soi, augmenter son réseau, et échanger avec lui.

L’apport du personal branding

Le personnal branding permet  de faire-savoir ses savoir-faire, c’est-à-dire de faire connaître ses talents pour se distinguer des ses concurrents potentiels. Et également de miser sur sa différence pour en faire sa force sur le marché du travail.

Il aide également à être reconnu pour qui l’on est en tant que personne, et ce que l’on représente. Notre marque personnelle est le reflet de qui nous sommes, de nos opinions et de nos valeurs qui sont exprimées par ce que nous disons, publions, commentons, et comment nous le faisons. Ce processus nous permettrait de prendre le contrôle de notre identité et d’influencer la perception que les autres auront de nous et des services que nous offrons.

Si l’on souhaite promouvoir notre personnalité, cela tombe sous le sens que nous sommes contraints de dévoiler une part de notre intimité. Même si nous essayons de la maîtriser et la préserver au maximum, nous nous résignons « pour le bien de notre carrière » à mettre ses informations à la vue et à portée de tous. Sans que l’on puisse réellement savoir, comment elles seront perçues et utilisées par les autres. C’est un peu comme si nous acceptons de vendre notre âme au diable.

Limites et dérives

Cependant,  la mise en scène de soi sur le web 2.0 et gérer son e-réputation pour un personal branding de qualité impliquent une grande maîtrise des réseaux sociaux, et un effort permanent dans son quotidien personnel, social, et intime.

À vouloir faire trop bonne impression auprès des employeurs potentiels, en leur signifiant comment  nous souhaiterions être identifié de manière favorable, nous pourrions aller jusqu’à vouloir « faker » notre vie privée sur le web. Ceci dans l’unique but d’en maitriser notre image où nous devrions donner une image presque idéale de nous-même. Ce qui aurait pour conséquence de générer l’existence numérique d’une personnalité lisse et stéréotypé.

La solution est pourtant simple et tient de la responsabilité de chacun. Pour un personal branding de qualité, mieux vaut ne jamais publier ce dont on aurait à cacher, et ne mettre en avant que des informations fidèles à l’image de marque que l’on veut se donner. Et cela consiste à faire attention de ne pas se faire prendre en photo ou en vidéo en soirée, ou de surveiller que ces informations ne soient pas misent en ligne par la famille, des amis ou des collègues.

L’ancien PDG de Google Eric Schmidt qui est aujourd’hui président du conseil d’administration de Google, dit dans un article publié sur numerama.com: « Si vous ne souhaitez pas qu’on le sache, mieux vaut encore ne pas le faire ». Si l’on pousse davantage cette réflexion, et que l’on chercherait à être certain qu’aucun de nos écarts dans la vie réelle ne puissent venir entraver notre identité numérique organisée autour de l’image d’un employé ou d’un candidat « modèle », on pourrait devenir dans la vie réelle, l’individu virtuel que nous nous serions créé.

Arnaud Chaouadi

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