La schizophrénie des réseaux sociaux : le point de vue d’Alice Robert webmaster à Toulouse

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Assurer sa présence sur les réseaux sociaux, c’est se créer une identité numérique. Qu’elle soit maitrisée ou non importe peu, l’ère est à celui qui sera le plus connecté. Twitter, Facebook, Google +, Instagram sont la base de tout bon internaute averti qui se respecte dans cette société « hyper connectée ». Se positionner sur le web devient essentiel car la peur d’être « retardé technologiquement » peut faire mal et a un nom : le phénomène « FOMO » (Fear Of Missing Out), littéralement : la peur de passer à côté de quelque chose. Au-delà d’une simple visibilité numérique, plus on se crée une identité sur le web, plus on se fabrique des rôles qui y sont inévitablement rattachés et qui nous engagent socialement.

 

Nos « multiples narcissiques » sur le web

Les divers éléments qui constituent une personnalité individuelle (goûts musicaux, apparence physique, opinions, pouvoir d’achat…) sont subtilement fragmentés selon le réseau social utilisé. Le web devient une sorte d’annuaire géant avec un rôle bien spécifique à tenir sur chaque support :

  • Sur Instagram : on traduit sa vie en photos, les effets et retouches donnant un ton et une ambiance de films à tout ce que l’on « shoote ».logos applications réseaux sociaux
  • Sur Facebook : la popularité est le maître-mot, on affirme avoir une vie sociale intéressante et surtout beaucoup d’amis.
  • Sur Twitter : il s’agit de suivre des personnalités, professionnelles ou célèbres, mais qui ont du poids et l’on « prétend » faire partie de cette « élite ».
  • Sur Pinterest : on revendique souvent involontairement, son sens du goût.
  • Sur Viadeo : l’objectif est d’attirer les recruteurs en se créant un profil sérieux et professionnel.

Le regroupement de toutes ces informations permet de dresser rapidement le portrait d’un individu. Reste à savoir si ce portrait est fidèle à sa personnalité. Dans tous les cas, notre identité numérique est intimement liée à notre vraie identité, puisque c’est la façon dont on est perçu sur la toile.

Ces « multiples narcissiques », autrement dit ces divers rôles liés à nos usages d’un réseau social, qui constituent notre identité numérique sont rarement perçus par les internautes lambda, les personnes influentes sur le web elles, l’ont bien vu et arrivent à en jouer. Mais le désir de transparence et de visibilité sur le web a un coût. Bien que « virtuelle », cette e-réputation est surtout réelle et a un impact certain sur nos vies au-delà du web.

Quand les réseaux sociaux nous dérangent socialement

La notion d’engagement lié à nos rôles sur ces sites est surtout sociale. Un exemple simple :

« Tu n’as pas vu mon message sur Facebook » ? Voilà une question piège à laquelle tous les utilisateurs de Facebook ont dû « faire face » un jour. Elle est piégeuse puisque Facebook marque désormais « vu » dès qu’un message a été ouvert. Pire encore, Facebook indique désormais si l’on est sur un ordinateur (mention « web » dans la discussion instantanée) ou sur son téléphone (mention « mobile »). Nous sommes désormais contraints de toujours répondre et avons des obligations envers autrui qui se sont décuplées via ces réseaux sociaux.

La logique veut que plus sa présence sur le web est forte, plus difficile sera la préservation de sa vie privée et le refus de communiquer, mal perçu.

Si l’utilité de Facebook est de retrouver ses amis ou des connaissances perdues de vue,  il est aussi bien connu pour avoir souvent créé des malaises sociaux inévitables comme le fait d’être « ami sur Facebook » et de ne pas se saluer dans la rue lorsqu’on se rencontre.

Le web étant « résolument relationnel », ces questions d’éthiques et de rôles ont des impacts sociologiques évidents.

C’est en partie pour ces raisons que beaucoup d’entre nous choisissent de boycotter ces réseaux sociaux, ou n’en voient tout simplement pas l’intérêt, ces derniers risquent alors d’être taxés de marginaux, déconnectés de leur temps.

Enfin, une étude allemande aurait prouvé que les réseaux sociaux susciteraient des sentiments d’envie et de frustration dans l’inconscient collectif.

Ces nouvelles pratiques sociales prouvent une fois encore, que l’utilisation de ces réseaux sociaux va bien au-delà de la  simple case « J’ai lu et j’accepte les conditions générales d’utilisation ».

Alice Robert

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