La télémédecine est-elle vraiment la consultation de demain ?

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La télémédecine ne date pas d’hier puisqu’elle est pratiquée officiellement depuis 1920, mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Concrètement cela consiste en quoi ?

La télémédecine, composante de la télésanté, est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel médical et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient.

Pourquoi favoriser la télémédecine ?

Le développement de la télémédecine ouvre de nouvelles perspectives et constitue un réel atout pour la qualité des soins et du système de santé en France si elle est utilisée à bon escient, c’est-à-dire non comme supplétif à l’absence de ressources médicales mais comme complément aux ressources humaines qui doivent exister au plus proche des patients.

Les outils de la télémédecine favorisent en outre l’autonomie du patient qui est en mesure, s’il le souhaite et le décide, de jouer un rôle actif dans sa santé en s’appropriant les outils d’un meilleur suivi pour sa qualité de vie et sa survie.

Le soin à distance, sous réserve que soient respectées la nécessité de recueillir le consentement du patient ainsi que la confidentialité des informations de santé le concernant, doit être perçu avant tout comme un moyen de développer le travail confraternel, les avis partagés entre professionnels de santé et de suivre le patient sans lui imposer les transports d’un service de santé à un autre.

Pour la télémédecine, tout se joue maintenant. Par une action commune de promotion, le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et le collectif interassociatif sur la santé souhaitent faire acte de pédagogie auprès du grand public pour mieux faire connaître cette nouvelle modalité de prise en charge médicale, mais aussi auprès des professionnels de santé pour soutenir la dynamique croissante constatée sur le terrain et inciter localement à la création de nouveaux projets, sous l’égide des agences régionales de santé (ARS).

Visionner la vidéo « Télé AVC Artois-Hainaut » :

Et quel est l’intérêt d’une telle pratique ?

L’intérêt des professionnels de santé rejoint celui des patients :

– En favorisant une pratique médicale fondée sur la coopération avec d’autres professionnels, permettant à

chacun de mieux exprimer ses compétences

– En apportant des possibilités d’organisation médicale nouvelles, notamment dans le domaine de la permanence des soins (gardes et astreintes)

Toutefois, ces bénéfices impliquent également des contraintes pour les professionnels de santé, la première étant induite par la modification de la pratique médicale, par la gestion de la relation « à distance » du patient, ou par un nouveau schéma d’organisation.

Ces aspects sont évidemment très importants, et doivent faire l’objet d’un accompagnement soutenu et adapté, afin de permettre au professionnel de santé de maîtriser la pratique de l’acte de télémédecine.

Y-a-t-il des réticences à l’utilisation d’une telle technologie ?

Les craintes vis-à-vis de télémédecine sont multiples : c’est d’abord le spectre d’une déshumanisation de la médecine.

Il est effectivement évoqué l’éloignement matériel du patient et de son médecin avec pour conséquence un affaiblissement du lien entre eux, favorisé par l’intrusion de l’ordinateur dans le colloque singulier, faisant craindre qu’il fasse réellement « écran ». Les médecins devenus virtuels pourraient être moins écoutés par le patient et l’empathie du médecin pourrait être amoindrie envers un malade virtuel. Il sera souhaitable d’associer si cela est réalisable un acte présentiel pour maintenir la relation médecin-malade.

On a craint aussi que le malade se sente trop ballotté entre ses multiples médecins dont aucun n’est plus vraiment le « médecin traitant ».

 

Elisabeth Ravey

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