L’apprentissage de la sexualité par la pornographie digitale, un danger pour les jeunes ?

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Sexualité des jeunes : vers une « éducation digitale »

De nos jours, la pornographie est sur tous les écrans et essentiellement sur internet. Les jeunes sont exposés à ces images pour la première fois vers l’âge de 11 ans en moyenne. La sexualité est un sujet tabou. Elle est difficile à aborder à l’école ou en famille, les jeunes accèdent à la pornographie de plus en plus tôt, et bien souvent involontairement.

Quel est l’impact d’internet sur leur éducation ?

Les adolescents sont massivement connectés. On estime que 97% d’entre eux ont une présence régulière sur le réseau Internet avec comme préférences les chat-rooms, les messageries instantanées, les blogs et les sites de réseaux sociaux.

En 2005, une psychologue américaine, Patricia Greenfield, tire la sonnette d’alarme. Elle écrit : « L’internet que l’on présente comme un espace de partage des savoirs et de discussion n’est en fait pour les adolescents qu’un immense pornoland ».

En ligne, les enfants sont constamment confrontés à la sexualité par des contenus sexuels ou pornographiques, qu’ils le souhaitent ou non. Ce contact répété peut avoir des effets sur leur développement. Il peut être à l’origine de violences sexuelles, modifier leur attitude vis-à-vis de l’autre sexe ou leur conception des relations sexuelles.

Pornographie sur Internet : « Les jeunes risquent de répéter ce qu’ils voient »

La démocratisation des outils comme le téléphone portable peut entraîner une augmentation de ce genre de problèmes. Il incombe aux parents de prévenir leurs enfants qu’ils peuvent tomber sur des images choquantes et de leur demander de leur en parler afin d’éviter qu’ils ne se renferment sur eux.

L’autre danger, c’est que ces jeunes répètent ce qu’ils ont vu de manière infantile, comme pour se décharger du poids de ces contenus inassimilables.

Le porno chez les jeunes laisse-t-il une empreinte sur leur sexualité ?

Selon Stéphane Clerget, pédopsychiatre et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, une consommation excessive peut devenir un réel danger lorsque le jeune atteint l’âge adulte. Il peut reproduire des schémas vus dans ces films : la performance constante, l’assujettissement de la femme, la banalisation de la sodomie, la bisexualité et parfois les pratiques sadomasochistes.

Autre exemple, les photos d’ados qui finissent sur des sites porno. Même destinée à un usage privé, les photos sexuellement explicites finissent très souvent sur Internet. Un danger que les plus jeunes peinent à comprendre. Pour être sûr de ne pas vous découvrir sur un site porno, la seule solution est de refuser d’apparaître dans des photos ou des vidéos sexuellement explicites.

C’est ce qui ressort d’une étude menée par la Internet Watch Foundation : 88% des contenus sexuellement explicites postés par des jeunes sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux, finissent par être récupérés par des sites pornographiques.

On voit donc que la pornographie inspire et influence les pratiques sexuelles des jeunes et qu’elle a une incidence sur les modifications déjà opérées sur leur corps et sur celles qu’ils voudraient y apporter. Sans prise en charge par leurs éducateurs (parents, école…), la pornographie peut être la principale source d’information et elle sert de modèle, ce qui n’est pas sans conséquences à la fois sur l’estime de soi des jeunes femmes et les rapports sociaux et sexuels entre les sexes.

Vincent Lorenzo

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