Le darkweb, la face cachée d’Internet

danger du web

Réseau anonyme, sites web hébergés anonymement, utilisateurs connectés incognito : vous voici dans le far west de l’internet, avec ses bons côtés et ses côtés nettement plus sombres.

Le darkweb : contexte et définition

Actuellement 75% d’internet n’est pas indéxé par Google. Ces pages non indexées constituent une partie du darkweb (ou deepweb ). Cela peut être par choix. Une personne voulant rester relativement anonyme peut en effet décider de rendre son site invisible sur les moteurs de recherche. La grande majorité des cas sont cependant des sites non fonctionnels ou laissés à l’abandon et qui finissent par sortir de l’internet grand public.

Une autre partie du darkweb résulte d’une volonté de s’éloigner des réseaux traditionnels du web. Cette face cachée du web est vaste et peu documentée. Je vous propose de la découvrir à travers ma propre expérience, via la découverte du réseau TOR (The Onion Router). TOR est un réseau informatique superposé mondial et décentralisé. Concrètement, il rend possible des échanges anonymes entre utilisateurs du réseau. Néanmoins, ce qui nous intéresse ici, ce sont les services qu’il propose. En effet, TOR met à disposition un protocole permettant la création de site web en .onion , ce qui signifie que seuls les utilisateurs du réseau pourront accéder au site. D’autres réseaux de ce type exsitent, tels que Freenet ou i2p ; cependant TOR reste le plus connu.

Le darkweb n’est pas une invention récente. Étonnamment, il a été créé en même temps que l’ARPANET (ancêtre de l’internet), il s’agissait tout simplement des réseaux isolés de ce dernier.

Accèder au darkweb : l’exemple de TOR

Nous sommes maintenant connectés au réseau, et ce que nous découvrons nous ramène au début des années 2000 : pas de sites en HTML5/CSS3, une vitesse de connexion médiocre, pas de moteur de recherche performant. Tout se fait à la mémorisation d’adresse en .onion, une adresse qui ressemble à ceci : http://kpvz7ki2v5agwt35.onion/wiki/index.php/Main_Page. Cette dernière donne accès au plus important service de TOR : le « hidden wiki. » Grâce à lui, nous allons pouvoir commencer à rassembler des adresses intéressantes, c’est une sorte de wikipedia du darknet.

Navigateur conçu pour la navigation sur le réseau TOR

Navigateur conçu pour la navigation sur le réseau TOR

Le Darkweb s’affranchit également du système financier du monde réel : toutes les transactions se font en bitcoin*, monnaie virtuelle très appréciée sur le darkweb.

Darkweb, sans foi ni loi ?

Le darkweb n’est pas à mettre entre toutes les mains. Tout d’abord, il faut savoir qu’on se trouve en terrain hostile. Chaque page peut réserver un joli petit virus, trojan, etc… Un pare-feu optimisé, un antivirus (payant et à jour) tout en désactivant le javascript sont fortement recommandés, voire vitaux.

Une offre de produits et services discutables
La vente en ligne

Une star de TOR est la plateforme de vente SilkRoad, sorte d’ebay où l’on peut trouver tout ce qui est illégal : drogue, armes, cartes bleues, passeports, etc… Là aussi, toutes les transactions se font en bitcoins.

 

Logo du site controversé SilkRoad

Logo du site controversé SilkRoad

 L’offre de services

Après la vente, les services parfaitement illégaux et moralement discutables qu’offrent les hackers :

Vous souhaitez obtenir un diplôme ? Rien de plus simple. Pour quelques milliers d’euros, un hacker va inscrire votre nom dans la base de données de l’école.
Vous voulez rayer une personne de pôle emploi ? de la sécurité sociale ? Aucun problème.

Certaines offres sont encore plus glauques : la possibilité d’engager un tueur à gage pour quelques milliers d’euros.

Prolifération des réseaux

Une autre face sombre du darkweb est la prolifération des réseaux pédopornographiques sur celui-ci. Il ne faut pas croire que les autorités soient totalement absentes du réseaux, le FBI s’attaque régulièrement à ce genre de site et a récemment fermé l’un des plus gros hébergeurs sur TOR : FreeHosting. TOR en un après-midi venait de perdre près de 30% de son trafic.

Les autorités s’attaquent aussi aux plateformes comme SilkRoad avec des résultats plus mitigés : deux semaines après avoir été fermé, le site était à nouveau en ligne sur un serveur miroir.

La communauté se mobilise

Les hackers eux-même mettent en place des veilles contre les site pédophiles, PedoReport vous invite à poster une adresse d’un site pédophile pour qu’une action soit déclenchée contre lui.

Le dernier espace libre sur internet ?

Tout ce qui se trouve sur le Darkweb n’est pas forcément mauvais. De nombreux projets existent, qui ont pour but de mettre à disposition des ressources aux internautes. « The free bibliotheca Alexandrina », par exemple, invite les visiteurs à déposer leurs livres au format numérique et les met à disposition de chaque utilisateur.

On peut également trouver des services qui offrent un espace de stockage illimité, seule restriction : l’accès aux données ne peut se faire qu’à partir du réseau TOR.

TOR est également une alternative pour des sites lanceurs d’alertes tels que Wikileaks. En effet, la diffusion de documents sensibles est très vite censurée par l’internet commun.

Le paradoxe du Darkweb

Comme on vient de le voir, le Darkweb est un endroit très permissif qui encourage les projets communautaires visant à une libéralisation de la culture. En contrepartie, il permet à certains réseaux de s’affranchir en partie des règles du web « normal » et de promouvoir des activités moralement discutables.

Symbole du Bitcoin

Symbole du Bitcoin

 

*Bitcoin : Le Bitcoin est une monnaie électronique distribuée (cryptomonnaie). Elle permet le transfert d’unités appelées bitcoins à travers le réseau Internet. Les bitcoins ainsi échangés ont vocation à être utilisés en tant que devise monétaire et comme moyen de paiement dans cette devise. A son lancement 1Bitcoin valait 4,14€, à l’heure où est écrit cet article il vaut 678,10€.

 

Laurent Hugues

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