Le tribunal du buzz : Quand les réseaux sociaux remettent en cause la présomption d’innocence

Le tribunal du buzz : Par le buzz provoqué autour de certaines affaires, les réseaux sociaux remettent en cause la présomption d’innocence et s’apparentent à un tribunal populaire. Qu’en est-il vraiment ?

Le tribunal du buzz sur les réseaux sociaux, de quoi parle t’on?

Les réseaux sociaux défendent de belles causes mais peuvent également condamner un présumé innocent avant même son jugement ou encore servent de bras armé à la manipulation d’opinion comme lors de l’élection présidentielle aux États-Unis.

Certaines nouvelles contiennent l’ADN du buzz. La rumeur fondée ou la fake news gronde, chacun y allant de son avis. Le buzz est là, il déferle, sans état d’âme pour le présumé innocent déjà condamné par la foule depuis leurs claviers sans autre forme de procès. Le tribunal du buzz vient de rendre son verdict : coupable.

La présomption d’innocence :

La présomption d’innocence est un droit fondamental des citoyens obtenu lors de la révolution française et inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789 ainsi que dans la Convention européenne des droits de l’homme depuis une loi du 15 juin 2000. Ce droit permet à un individu suspecté d’une infraction d’être présumé innocent tant que la preuve de sa culpabilité n’a pas été établie et jugée devant un tribunal de la République.

La présomption d’innocence devrait permettre à toute personne soupçonnée d’une infraction de ne pas figurer à la une des médias. Ce droit a toujours été plus ou moins respecté au nom du droit des citoyens d’être informés et du devoir des médias de porter à connaissance de la cité des soupçons qui pèsent sur un des leurs.

La présomption d’innocence avant et depuis les réseaux sociaux :

Depuis les réseaux sociaux, la présomption d’innocence n’est pas plus ou moins malmenée qu’avant. Les journaux, puis les médias ont souvent malmené, voir méprisé, piétiné la présomption d’innocence au nom du scoop pour vendre du journal ou plus tard pour faire de l’audimat. De l’affaire Dreyfus, au suicide de Pierre Bérégovoy, en passant par l’affaire d’Outreau l’histoire est jalonnée de mauvais traitements infligés à la présomption d’innocence.

La tendance depuis quelques années serait même la présomption de culpabilité par l’expression de plus en plus courante dans la presse comme le voleur présumé, le tueur présumé, … Présumé coupable à l’opposé de la présomption d’innocence. A force de répétition, les médias finiront par imprimer ce présumé coupable dans nos modes de pensée. Comme dit le proverbe, « il n’est pas d’erreur qui, inlassablement répétée, ne finisse par prendre des airs de vérité ».

Les réseaux sociaux remettent-ils en cause la présomption d’innocence ?

Un mal pour un bien : La campagne  »Balancetonporc »qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux suite à l’affaire Weinstein se trouve être une bonne illustration du pouvoir des réseaux sociaux. Lors de cette campagne, la présomption d’innocence a été mise en cause et des personnes souvent connues ont été clouées au pilori avant même d’avoir pu s’exprimer sur les faits présumés. Ce qui est regrettable et douloureux pour la personne incriminée, présumée innocente.

En même temps, cette campagne a permis à des femmes victimes de violences, d’agressions sexuelles et de viols de sortir du silence, du mal être et de se voir reconnues comme victimes. Une véritable libération.

Comment mieux préserver nos droits fondamentaux sur les réseaux sociaux ?

Une campagne de communication régulière sur les réseaux sociaux serait nécessaire pour rappeler à chacun ses droits et ses devoirs concernant la liberté d’expression. Les réseaux sociaux sont des outils formidables pour la démocratie participative ou la démocratie directe.

La liberté chèrement acquise doit être préservée au même titre que l’outil de communication que sont les réseaux sociaux.

 

Bernard Dill

http://www.aufildelart.fr

 

 

 

 

 

Sources :

http://www.vie-publique.fr/

https://www.agoravox.fr/

https://www.franceinter.fr/

https://www.liberation.fr/

https://www.lemonde.fr/

https://www.cnil.fr/

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