Les différentes formes de harcèlement sur le web

harcelement sur le web

Avec l’avènement des nouvelles technologies de communication, le harcèlement a pris une autre dimension. Il jouit désormais d’un caractère permanent et indélébile face auquel il est difficile de lutter.

Une définition du phénomène

Le cyber harcèlement est une forme de harcèlement conduite par divers canaux numériques. Il s’agit d’agressions répétées sur le long terme envers un individu dans le but de nuire. Il peut se manifester à travers différentes formes :

  • Sur les réseaux sociaux ou les sites internet, au travers d’insultes, de menaces, d’intimidations, de rumeurs ou de chantage.
  • Par le piratage d’un compte ou la création d’une page contre la victime, qui peut également mener à la publication d’une photo ou d’une vidéo personnelle de la victime à son insu.
  • Le « happy-slapping » qui consiste à filmer l’agression physique d’une personne à l’aide d’un téléphone portable et de la mettre en ligne. L’agression filmée peut aller de la simple vexation aux violences les plus graves y compris les violences sexuelles.

 

Caractère permanent et conséquences sur la victime

Contrairement au harcèlement « classique » qu’on peut rencontrer dans la cour d’une école, le cyber harcèlement jouit d’un caractère permanent depuis l’avènement des nouvelles technologies de communication. Les humiliations, insultes et manipulations s’immiscent dans l’intimité de la chambre, à travers les SMS, les emails, les photos et autres publications moqueuses ou haineuses envoyées à toute heure du jour ou de la nuit. La distance désinhibe les internautes et catalyse, avec l’anonymat, la haine sur le web comme l’explique Christophe Alcantara dans une interview.

Les conséquences du cyber-harcèlement sont multiples. Dans le cas d’un élève, cela peut jusqu’à l’isolement et l’échec scolaire. Cette situation peut conduire le jeune à ne plus vouloir aller à l’école et dans les cas les plus graves, pousser à se donner la mort. L’exemple le plus flagrant est l’affaire Amanda Todd , une jeune fille de 15 ans s’étant donné la mort en 2012 après avoir était harcelée par le même homme (rencontré sur un site de tchat) pendant trois ans. Selon l’observatoire des droits de l’internet, sur 20 000 jeunes européens, un jeune sur trois avoue avoir été victime de cyber-harcèlement. La cause serait la mise à nue de leur vie privée, notamment sur les réseaux sociaux. Un jeune sur cinq (21.2%) déclare avoir été l’auteur de cyber harcèlement.

Toujours selon l’observatoire des droits de l’internet, les filles seraient plus victimes que les garçons (58% contre 42%) et les jeunes de 12-14 ans davantage confrontés au risque de harcèlement sur la toile (45%, contre 25% des 9-11 ans et 28% des 15-17 ans).

Prise de conscience et actions menées

Le phénomène du harcèlement scolaire peinait déjà à être pris au sérieux que l’avènement des réseaux sociaux est venu amplifier le problème. L’insuffisance de réaction de la part des adultes, parents, professeurs et professionnels de la santé, contribuait à enfermer les victimes de ce harcèlement dans l’isolement. En terme d’action, l’association e-enfance propose aux jeunes, leurs parents et les professionnels des interventions en milieu scolaire et des formations sur les bons usages d’internet et les risques tel que le cyber harcèlement. L’éducation nationale s’est par ailleurs associée à E-Enfance dans le cadre de cette lutte. Par ailleurs, il existe une application « ReThink » créée par Trisha Prabhu qui permet aux personnes souhaitant écrire un message méchant de réfléchir à deux fois avant de le mettre en ligne. Sur le site de Google Science Fair, les recherches et les analyses de Trisha sont détaillées . Elle a testé son hypothèse auprès de 300 adolescent-e-s (150 garçons et 150 filles) et analysé les résultats des 1 500 tests effectués :

  • 67% des ados étaient prêts à poster des messages méchants/blessants.
  • 93% des ados prêts à poster ces messages blessants renonçaient finalement à le faire après avoir eu l’opportunité de se relire et réfléchir à deux fois

Le taux d’ados prêts à poster des messages blessants passait de 70 % à 4%.

Le cyber harcèlement est un phénomène encore peu mis en lumière et contre lequel il est difficile de lutter, tant les canaux de diffusions sont difficilement contrôlables. Toutefois, la sensibilisation des jeunes à cette pratique permettrait d’en réduire les chiffres. Il est également conseillé aux parents de réguler l’accès à Internet aux jeunes enfants.

Elorri Detcheverry

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