Omniprésence de jeunes enfants sur la toile. Et si nos bébés se révoltaient ?

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A quand le premier procès où des enfants poursuivront leurs parents pour violation de leur vie privée ? Une question curieuse, qui paraîtrait même invraisemblable pour la plupart des pères et mères d’aujourd’hui qui idolâtrent tant leur progéniture. Mais peut-être pas si inimaginable que ça…

Qui n’a pas de nos jours posté une photo de son enfant sur le web ? Quelques heures après sa naissance, le jour de son premier anniversaire, de ses premiers pas, de son premier fou rire. Tout ceci semble bien anodin. D’autres aiment bien faire rire leur réseau. On se retrouve alors avec des photos d’enfants assis sur les toilettes, nus dans le bain ou faisant d’horribles grimaces. C’est tellement mignon !

Mais qu’en pensera cet enfant 10, 15 ans plus tard ? Aura-t-il la possibilité de les faire disparaître ? Mais surtout, a-t-on le droit de poster toutes ces photos juste parce que nous sommes leurs parents ?

Le droit à l’image, un droit pour tous ?

Cette dernière question est bien plus complexe qu’elle n’y parait. Le principe du droit à l’image est explicité par les tribunaux en ces termes : « toute personne, a sur son image et sur l’utilisation qui en est faite, un droit exclusif et peut s’opposer à sa diffusion sans son autorisation ». L’article 9 du code civil, indique que chacun a droit au respect de sa vie privée et que toute personne peut, si elle le souhaite, faire cesser une atteinte à son intimité.

Cela devient plus délicat au sein du cercle familial. Comment demander l’autorisation à un bébé de 2 mois ? Les parents n’ont pas obligation de le faire puisqu’ils sont les tuteurs légaux de leur enfant jusqu’à sa majorité. Ils se retrouvent dans la légalité et peuvent débuter leur identité numérique, en donner une direction, en fonction du type de photos, des quantités de clichés et des commentaires liés. Une situation qui pourrait compliquer leur vie même si ce n’était pas le but.

Supprimer des photos sur le web, c’est possible ?

Depuis le 13 mai 2014, date de l’arrêt pris par la Cour de Justice de l’Union européenne, chaque internaute français peut faire valoir son droit à l’oubli.

Ainsi, nous pouvons demander aux différents moteurs de recherche la suppression des informations nous concernant des sites d’origine ou encore leur déréférencement afin qu’ils n’apparaissent plus. Il ne s’agit pas d’une suppression complète, ces informations existeront toujours, il sera juste très compliqué d’y accéder.

La procédure à suivre est indiqué sur le site de la CNIL et concerne également les informations des internautes publiées lorsqu’ils étaient mineurs.

Et si les réseaux sociaux nous aidaient ?

Facebook s’est également lancé dans la problématique. En 2015, Jay Parikh, le vice-président de l’ingénierie Facebook déclarait travailler sur un logiciel de reconnaissance d’image qui alertera les utilisateurs juste avant de publier une photo. Les parents verraient alors apparaître un message sur leur écran lorsque ces derniers seraient sur le point de publier une photo de leur enfant. Un projet complexe, pas encore abouti aujourd’hui mais qui laisse entendre une certaine inquiétude face à ces publications de plus en plus nombreuses.

Il suffit peut-être alors de faire preuve de bon sens et d’opter pour le principe de précaution. A chaque fois que l’on souhaite publier une photo de son enfant, essayer de voir si elle pourrait être gênante voire ridicule pour lui dans quelques années, lorsqu’il rentrera au collège, au lycée ou sur le marché du travail. Ne pas hésiter à ouvrir le dialogue avec lui, le consulter lorsque l’on souhaite publier une photo. Des gestes simples mais qui rendront le droit à l’image important aux yeux de vos enfants, une bonne base pour leur future identité numérique.

Lydie Moro

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