Les enjeux de la protection de la vie privée en 2014

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L’année 2013 fut marquée par les abus de la NSA (National Security Agency) et du gouvernement américain par la collecte de données à grande échelle sur le réseau internet et la surveillance des citoyens américains. La NSA est aussi accusée d’avoir capté les conversations de dirigeants de pays alliés comme la France ou l’Allemagne. Il faut rappeler que l’agence nationale de la sécurité fut créée au cours de la seconde guerre mondiale par les Etats Unis et a conduit des opérations de grande envergure avec son homologue britannique dans la lutte contre les armées japonaises et allemandes.

Près de 70 ans plus tard, cette institution qui joua un rôle important pendant la seconde guerre mondiale pour la libération de ses alliés devient à son tour un danger pour les démocraties et les citoyens. Lorsque le régime démocratique américain lance la guerre contre le terrorisme, il lance une guerre contre un ennemi flou, tellement flou que cela permet tous les abus en terme de contrôle et de surveillance.  C’est une sonnette d’alarme qu’Edward Snowden a lancée en 2013 et qui a favorisé une prise de conscience et la nécessité pour les organes de contre-pouvoir  d’être vigilant et de défendre les libertés en commençant par la protection de la vie privée.

Le 27 octobre dernier, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté à l’unanimité une résolution présentée par le Brésil et l’Allemagne visant à protéger le droit à la vie privée contre la surveillance illégale (1). Cela succède à la lettre ouverte de 500 personnalités (2) provenant de plus de 80 pays et incluant des prix Nobel qui s’inquiètent ouvertement des révélations qui ont été diffusées.

nations unies

Le 27 octobre 2013, l’ONU adopte une résolution pour protéger le droit à la vie privée contre la surveillance illégale.

Aujourd’hui, on constate que l’intégrité d’un être humain peut être mise en danger sans maltraitante visible, sans atteinte aux corps physique. La surveillance de masse implique que les états s’immiscent dans les pensées, dans les échanges et dans les communications qui nous amènent nous, êtres humains, à la communauté d’idées et de volonté.

Il est difficile d’accepter que le pays qui se dit garant des libertés humaines et défenseur de la démocratie à travers le monde pratique un espionnage globalisé. Au delà des raisons invoquées telle que la lutte contre le terrorisme, il semble surtout que ce soit des enjeux électoraux qui impulsent les actions de la NSA.  C’est une époque dans laquelle une mauvaise e-reputation peut faire basculer une élection et on comprend mieux les enjeux politiques et pourquoi les nouveaux acteurs de la surveillance pratique l’espionnage avec une « souris » à la main.  Les citoyens doivent être formés pour comprendre ces enjeux à un niveau supra-nationale.

Ghislaine ABBASSI

(1) International bill of digital rights : call from 500 writers around the world :
http://www.theguardian.com/world/2013/dec/10/international-bill-digital-rights-petition-text

(2) Assemblée générale Nations Unies :
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/AG11480.doc.htm


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