Smart Cities : Entre les promesses des villes intelligentes et la réalité, comment les citoyens sont-ils impliqués ?

Les villes intelligentes ont pour but premier de rendre les clés des villes aux citoyens. L’idée est née au début des années 60 à Los Angeles et s’est développée en Asie notamment à Singapour en 1980. Désormais des initiatives et des projets prennent forme sur tous les continents. Mais encore faut-il intégrer les habitants aux concertations et aux décisions.

Les acteurs des Smart Cities

Les Smart cities, ou ville intelligente en français, sont constituées de plusieurs parties prenantes (Entreprises multinationales ou locales, habitants, mairie, associatif, etc…) engagées dans une transition durable d’une ville ou d’un territoire en utilisant les nouvelles technologies comme moyen pour parvenir aux objectifs de durabilité fixés (développement économique, bien-être social et respect de l’environnement).

Pour fonctionner correctement, une ville intelligente doit résulter d’une participation démocratique et constituer un PPPP – Partenariat Privé Public Particuliers. En effet, la smart city se construit à partir des besoins et des exigences de ses habitants dont les collectivités territoriales se soucient et peuvent s’associer à des entreprises privées pour répondre aux souhaits des citoyens.

Les Smart cities tiennent elles leurs promesses ?

Les villes intelligentes ont de belles promesses sociales, environnementales et économiques. Nombreuses sont les villes qui combinent ces 3 éléments avec succès car elles ont intégré dès le début du processus la population pour répondre à leurs attentes et leurs envies. Celles qui ne le font pas se trouveront confrontées à des soucis de non utilisation et donc d’investissement vain.

Le projet Ville intelligente part de deux constats : 70% de la population mondiale vivra dans moins de 40 ans en ville et celle-ci produira 80% d’émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique.

Pour répondre à cette problématique, les smart grids (synonymes de smart city) doivent permettre de préserver, d’optimiser et d’organiser les ressources mais également d’assurer et d’améliorer le bien-être des habitants tout en prenant soin de l’environnement en tendant vers le « zéro pollution ».

Ce qui fonctionne

A Tel-Aviv, une application (DigiTel) permet de signaler à la commune les bancs cassés, les nids de poules sur la chaussée ou bien encore de rechercher des pistes cyclables.
A Montréal il y a 3 ans, la ville a installé une « boite à idées électronique » afin de connaître les suggestions de ses habitants pour améliorer la ville et son fonctionnement. Grâce à une forte participation, la municipalité a décidé de répondre favorablement à certaines idées et des chantiers ont pris forme. Cela concerne une meilleure organisation des transports ou bien la protection de l’environnement.
La plus grande ville intelligente au monde est certainement Barcelone. La capitale Catalane s’est investie sur plusieurs tableaux : Economie d’énergie, transports, traitement de déchets, pollution. Il y a 4 ans, elle a équipé 1100 lampadaires d’ampoules LED pour réduire la consommation d’énergie combinées à des capteurs de présence pour s’illuminer lorsqu’un piéton est à proximité. Elle a observé les trajets effectués par les habitants et a modifié en conséquence son trafic de bus. Les Barcelonais peuvent désormais faire 95% des trajets avec une seule correspondance voire aucune. Ils n’utilisent plus de camions-poubelles pour collecter les déchets mais ont créé un réseau souterrain avec un système automatisé réduisant ainsi la pollution. Ils utilisent également le photovoltaïque pour chauffer l’eau utilisée dans les différents bâtiments de la ville.

Mais ils n’ont pu réaliser tous ces travaux qu’en écoutant les attentes des habitants et en gardant en tête qu’ils doivent répondre à des enjeux économiques, sociaux et environnementaux et servant à l’ensemble de la population.

De la nécessité de l’implication des citoyens !

L’un des contre-exemple parfait où les innovations n’ont pas eu d’impact sur la population est le compteur électrique Linky imposé par Erdf.
35 millions de ces compteurs intelligents pour un investissement de 4,5 milliards d’euros, se sont révélés être un échec complet. Il était censé faire des économies significatives à tous les foyers mais des enquêtes ont révélé que pour 90% des consommateurs cela n’avait rien changé dans leurs habitudes de consommation. De plus, la télétransmission des données ne se faisait pas et les compteurs disjonctaient facilement.
A Lyon, la municipalité a décidé de lancer une application pour connaitre le trafic en temps réel mais s’est heurtée à deux problèmes majeurs : La collecte des données a pris 7 ans et les conducteurs utilisent une autre application ; Waze. La non implication des citoyens à la base combinée à la longueur de la collecte des données ne lui permet pas d’être compétitive.

Il est aussi important que ces projets soient faits en concertation avec la population pour ne pas qu’ils soient repoussés voire abandonnés à chaque changement de mandat de maire. Il faut tout l’écosystème de la ville pour que se construise l’identité de la ville et que les habitants se l’approprient.

Il est de commun accord désormais de parler de Smart cities humaines pour évoquer les nouvelles villes. Carlos Moreno considéré comme LE spécialiste de ces nouvelles technologies en est l’un de ses plus fervents défenseurs.

 

 

 

Baptiste LAFFONT

Sources:

http://www.lagazettedescommunes.com/dossiers/smart-city-les-cles-de-la-ville-intelligente/
https://www.latribune.fr/regions/smart-cities/la-tribune-de-carlos-moreno/ville-intelligente-citoyenne-et-connectee-mode-d-emploi-501529.html
http://www.slate.fr/story/105457/smart-city-pas-si-smart-que-ca
https://www.forbes.fr/technologie/pour-une-smart-city-humaine-et-citoyenne/
http://www.leparisien.fr/international/le-top-10-des-smart-cities-21-07-2015-4922951.php

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