Traces numériques et e-réputation : la science des données « va changer la donne »

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Les technologies modernes permettent une augmentation spectaculaire des quantités de données générées et la tendance ne fera que s’accélérer. Le big data, le data mining, la data visualisation, on en parle à toute les sauces et il est difficile de s’y retrouver dans tous ces concepts.

Si nous devions définir le terme « big data », cela représente à l’heure actuelle, la collecte, l’analyse et l’utilisation de grande quantité de données numériques, c’est à dire toutes les traces que nous laissons sur Internet, souvent sans que nous le sachions.

Des machines de plus en plus intelligentes

Wired magazine, juin 2013

Wired magazine, juin 2013

A l’ère de l’ « internet de objets », de plus en plus d’appareils « smart » intelligents collectent des données dans le but de nous faciliter la vie. Ces appareils sont aujourd’hui capables de communiquer entre eux.

Après le smartphone, l’avènement du big data permet l’arrivée de machines de plus en plus intelligentes. Grâce au protocole radio « bluetooth smart », apparu en 2011, les applications permettant l’exploitation de données web se multiplient : applications de voitures connectées, e-santé, villes intelligentes, appareils ménagers connectés, etc. En 2014, il est prévu qu’il y ait 2 fois plus d’objets connectés sur Internet que d’êtres humains sur terre (Courrier International, décembre 2013).

Paradoxalement, voir toutes ces machines décider entre elles, résoudre des problèmes et interagir « intelligemment » est assez effrayant. Il n’y a qu’à voir ou lire le nombre d’oeuvres de sciences fiction décrivant des machines intelligentes se liguant contre les hommes, tout cela est science fiction bien sûr, pourtant, le réel se rapproche de plus en plus de la science fiction.

Big data et génétique

data imageAvoir ses propres données génétiques et les stocker chez google ? Science-fiction ? L’interview vidéo d’Eric Schmidt vous prouvera le contraire, l’orientation de Google est clair et les prédictions du directeur executif sont assez concluantes. Le moteur de recherche a d’ailleurs investi dans une société de biotechnologie, basée à Mountain view, la société 23andme. Cette entreprise propose une analyse du code génétique à ses clients.

En parallèle, une autre entreprise devrait attirer notre attention. Le n°1 mondial de la génomique, Beijing Genomics institute, fondé par de jeunes scientifiques chinois fin années 90, s’intéresse également au big data dans la génétique. Le projet du directeur exécutif, Wang Jun, en est la preuve. Il s’agit de Gigasciences, une base de données lancée avec la volonté de partager avec tous, en accès gratuit, le code génétique de tous les êtres vivants de la planète. Projets ambitieux et à la portée de cette structure qui a racheté Complete Genomics, une entreprise américaine spécialisée dans le séquençage et l’analyse de résultats génétiques.

« Data Mining », un enjeu politique et social

Faire parler les données, les corréler, faire des calculs complexes pour prédire, …le « data mining » est une source de richesse mais pose aussi le problème de l’identification des personnes. Le « data mining » représente un marché avec une rentabilité exceptionnelle. Selon La Tribune du mois d’avril 2013, le marché mondial qui pesait 27 milliards de dollars en 2012 devrait doubler en quatre ans. Pour le moment, c’est l’euphorie mais nous devrions faire attention à ne pas réduire tout cela à sa seule dimension économique.

L’impact politique et social est considérable et le « data mining » est entrain de révolutionner le concept de « contrôle » et de « surveillance » à travers le monde. Les conséquences, face à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information, sont inquiétantes dans la mesure où l’exploitation des données est entre les mains de dirigeants dont les intérêts économiques priment sur ceux des citoyens. Lorsque les logiciels de surveillance numérique sont vendus à des états dans le but de violer les droits de l’homme et la liberté de l’information, les entreprises qui ont développé ces produits ferment les yeux sur leur utilisation détournée.

La communauté internationale est face à un tournant et doit prendre les décisions utiles qui permettront à la fois de soutenir ce nouveau secteur qui semble prometteur tout en mettant en oeuvre une protection qui assure le respect de la liberté d’ échanger, de partager et de penser, et donc le respect de la dignité humaine et à la réputation des personnes.

Ghislaine ABBASSI

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