Une nouvelle approche webmarketing « après la mort »

traces numériques réseaux sociaux

A l’heure où Google indexe souvent ce qu’il souhaite, le déréférencement devient une stratégie nécessaire. L’identité numérique et la visibilité sont des éléments fondamentaux pour gérer son e-réputation. Cela nécessite donc une veille régulière sur les publications nous concernant ainsi qu’une totale maîtrise de notre présence sur les réseaux sociaux. Si nous prenons le cas particulier d’une personne décédée, que peuvent devenir ses données personnelles ? Numériquement parlant, comment faut-il procéder pour que les proches bénéficient d’une « main-mise » sur ces données errant sur le web ?

Les grandes lignes du référencement : rappel

Le déréférencement est une technique permettant de supprimer des pages ou des sites internet des moteurs de recherche comme le précise l’article de Judith Coudert. Si vous souhaitez effacer vos traces, voici 6 clés pour vous désindexer :

  1. Instaurer une veille efficace avec Scoop.it, Google Alertes, Alerti et retrouver ce qui se dit sur vous.
  2. Régresser le contenu négatif ou le contenu que vous ne souhaitez plus voir apparaître en premières pages des moteurs de recherche.
  3. Créer du contenu, qui cette fois-ci, sera positif.
  4. Clôturer une page diffamatoire auprès de l’éditeur de la publication concernée.
  5. « Supprimer une page ou un site des résultats de recherche Google » grâce aux « Outils pour les webmasters » de Google. Il suffit de se diriger dans la rubrique concernée par votre demande et d’entrer l’URL à supprimer.
  6. Créer de nouvelles pages sur les réseaux sociaux, sur les blogs avec des mots-clés précis.

Ces techniques sont d’autant plus faciles à mettre en œuvre quand on est l’auteur des publications. Par contre, ces techniques sont nettement plus difficiles à manipuler lorsqu’on souhaite gérer les données personnelles d’une personne, suite à son décès. La législation est encore absente face à ce constat. A ce jour, que deviennent donc nos traces et comment peuvent-elles être récupérées ou effacées ? Quels services se sont développés grâce à cette nouvelle collecte de données personnelles ?

La transmission des données des comptes

Tout d’abord, vos données Gmail, Google +, YouTube, vos contacts,… peuvent être facilement transmises à vos proches. Google propose aussi d’effacer vos informations personnelles, rendues publiques,  notamment vos vidéos Youtube. Quant à Twitter, un formulaire permet aux proches de demander la fermeture du compte du défunt. Problème !  Il faut prouver l’identité exacte du défunt et les liens vous unissant à cette personne. Ces preuves soigneusement justifiées doivent être envoyées par courrier au siège à San Francisco. Encore faut-il pouvoir prouver que le défunt est bien propriétaire de ses fichiers, de son adresse mail par exemple. Or, aujourd’hui rien ne peut encore prouver réellement que telle ou telle personne est propriétaire d’une adresse IP.

Le développement de services liés à l’identité post-mortem

Deux types de services tels que les « testaments numériques » et  les « cimetières virtuels »ont vu le jour via cette nouvelle collecte numérique.

« Edeneo.fr »  propose une innovation en prenant en compte les données personnelles et accès au compte. Via ce site, il est possible de son vivant de prévoir ce qu’il adviendra de nos données, comptes en ligne, et donc de sauvegarder le tout avant le moment venu (mots de passe, documents, dernières volontés, etc…). Ce système de collecte de données permet aux personnes désignées de les récupérer à priori sans problèmes.

L'accès aux données du défunt, une lutte sans fin.

L’accès aux données, une lutte sans fin.

« Dans nos cœurs.fr » et « Jardin du Souvenir.fr »  sont quant à eux des sites « de type cimetière » qui référencent automatiquement les avis de décès officiels publiés dans les journaux. Cette inscription optimise le référencement post-mortem, car les avis de décès remontent rapidement dans les SERPs (Search Engine Results Page ou les pages de résultats d’un moteur de recherche) quand nous inscrivons « Décès Nom Prénom »  dans la barre de recherche Google par exemple. Les internautes qui croisent ce résultat tombent sur un site et peuvent laisser leurs condoléances à destination de la famille. Il semblerait que ces inscriptions ne soient pas simplement des services gratuits. C’est une vraie niche car nombreux sont les partenaires de ce site qui bénéficient d’un trafic supplémentaire. De plus, le référencement des nouvelles identités post-mortem posent un problème pour les membres de la famille surtout lorsque certaines entreprises américaines n’hésitent pas à envoyer des publicités en rapport avec ce douloureux événement.

Ces nouveaux services web rencontrent encore des limites, car aujourd’hui la famille du défunt n’est pas sollicitée pour un accord de publication sur ce genre de sites. Voir la tombe numérique d’un de vos parents, frères, sœurs sans votre accord est un réel problème juridique, qui plus est, si vous assistez à des condoléances alimentées par une tierce personne. Paradoxalement, avant l’arrivée du web,  les objets étaient physiquement récupérables. Sur le web, lorsque le défunt n’a pas anticipé sa mort ou sa « tombe numérique » et que rien à l’heure actuelle ne peut réellement prouver son identité, comment pouvons-nous hériter de ses biens numériques censés revenir aux proches ?

Laure ARTIAQUE

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